« Même si des lions me résistaient avec férocité, ils ne me nuiraient point tant que mon heure n’est pas venue… »
Et parmi ses dires, on trouve :
« Bagdad est une demeure agréable pour les gens de savoir,
mais pour les indigents, c’est la demeure de la misère et de l’étroitesse.
J’ai erré, perplexe, dans ses ruelles,
comme si j’étais un exemplaire du Coran dans la maison d’un hérétique. »
Ibn al-Jawzî (1) a dit : « Il vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-treize ans, sans que ses sens ni son esprit ne subissent la moindre altération. Il décéda le deuxième jour de Rajab de cette année, et sa prière funéraire fut suivie par les notables et la foule. Il fut inhumé non loin de la tombe de Bishr. »
Yusuf ibn Ayyub [ibn Yusuf] (2) ibn al-Hasan (3) ibn Wahra (4), Abû Ya‘qûb al-Hamadhânî (5) : Il étudia la jurisprudence (fiqh) auprès du shaykh Abû Ishâq et excella dans la jurisprudence et la controverse ; [puis il renonça à cette voie] (6) pour se consacrer à l’adoration (7) et fréquenter les gens pieux. Il demeura dans les montagnes, puis revint à Bagdad, y prêcha et bénéficia d’une réelle adhésion. Il mourut au mois de Rabî‘ al-Awwal dans l’un des villages de Hérat – qu’Allah lui accorde Sa miséricorde (8).
[À l’arrivée de l’année 536]
Cette année-là, de nombreuses guerres opposèrent le sultan Sanjar [et le sultan] (9) Khwârazm Shâh. Après la défaite de Sanjar, Khwârazm Shâh s’empara de la ville de Marw ; il y fit couler le sang (10) et se comporta d’une manière préjudiciable envers les juristes hanafites qui s’y trouvaient. Son armée comptait trois cent mille combattants.
En cette même année, on acheva l’ouvrage d’ouverture du canal de Nahrawân (11), et Behroz, le shihna (12) de Bagdad, distribua aux artisans des robes de soie en signe de distinction.