Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans cette année-là, la médersa al-Kamâliyya de Bagdad, attribuée à Kamâl al-Dîn Abû al-Futûh Ḥamza ibn Ṭalḥa, dit « le responsable du magasin », fut achevée. Le shaykh Abû al-Ḥasan ibn al-Khall (1) y dispensa son enseignement, et les notables et dignitaires assistèrent à ses cours, que Dieu lui fasse miséricorde.

[Parmi les notables décédés cette année-là]

Il y eut Ismâ‘îl ibn Muḥammad ibn al-Faḍl ‘Alî ibn Aḥmad, Abû al-Qâsim al-Ṭalḥî al-Iṣfahânî (2). Il avait entendu nombre de traditions, voyagé, écrit et donné des séances de transmission à Ispahan, au nombre d’environ trois mille. Il était imam dans le fiqh, le ḥadith, l’exégèse coranique et la langue arabe, doté d’une excellente mémorisation. Il mourut la nuit de la fête du sacrifice (‘Īd al-Aḍḥâ), alors qu’il approchait des quatre-vingts ans. Quand celui qui lavait son corps voulut écarter la pièce de tissu couvrant ses parties intimes, il la repoussa de sa main. Certains disent même qu’il posa lui-même sa main sur son sexe (3).

Parmi eux se trouvait également Muḥammad ibn ‘Abd al-Bâqî ibn Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmân ibn al-Rabî‘ [ibn Thâbit] (4) ibn Wahb ibn Mashja‘a ibn al-Ḥârith ibn ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn Mâlik (5) al-Anṣârî. Il entendit le ḥadith, se trouva à transmettre seul les traditions de plusieurs maîtres, et dispensa des séances de ḥadith dans la mosquée du Palais. Il excellait dans de nombreuses sciences. Capturé au cours de son enfance par les Byzantins, ceux-ci voulurent le forcer (6) à proférer une parole de mécréance, ce qu’il refusa de faire. Il apprit alors chez eux la graphie romaine. Il disait : « Celui qui sert les encriers se verra servir par les chaires. »

Ibn al-Jawzî (7) rapporte également quelques vers qu’il tenait de lui et qu’il entendit de sa bouche. Parmi ces vers (mètre al-kâmil) :
« Garde ta langue et ne divulgue pas trois choses : ton âge [ta richesse autant que possible] et ton dogme.
Car, à cause de ces trois, tu seras éprouvé par trois autres : on t’accusera de mécréance, de jalousie, et on te traitera de menteur. » (8)

Et il dit aussi (toujours sur le mètre al-kâmil) :
« Il y a un terme auquel je dois forcément parvenir ; quand il viendra à s’achever, je mourrai. »

(1) La lecture : Abū al-Ḥasan al-Ḥillī est une erreur de transcription. Le récit figure dans al-Muntaẓam (t. 10, p. 89) et sa notice biographique sera présentée dans les événements de l’an 552. (2) Sa notice biographique se trouve dans al-Muntaẓam (t. 10, p. 90), Ibn al-Athīr (t. 8, p. 369), Tadhkira al-Ḥuffāẓ (t. 2, p. 70), al-ʿIbar (t. 4, pp. 94-95) et Mirʾāt al-Jinān (t. 3, p. 263). (3) Ceci est une exagération qui n’est pas fondée (ʿa). (4) La lecture : Ibn al-Rabīʿ. Répétée. (5) Sa notice biographique se trouve dans al-Muntaẓam (t. 10, pp. 92-94), Ibn al-Athīr (t. 8, p. 369), Mirʾāt al-Zamān (t. 8, p. 178), al-ʿIbar (t. 4, p. 96), Mirʾāt al-Jinān (t. 3, p. 263), le supplément d’Ibn Rijāb (t. 1, pp. 192-198), al-Manhaj al-Aḥmad (t. 2, p. 286) et Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (t. 2, pp. 23-28). (6) Lecture : ʿalā an yatakallama (qu’il parle). (7) al-Muntaẓam (t. 10, pp. 92-94). (8) Non mentionné dans ā.'
وفيها: كملت المدرسة الكمالية ببغداد المنسوبة إلى كمال الدين أبي الفتوح حمزة بن طلحة صاحب المخزن. ودرّس فيها الشيخ أبو الحسن بن الخل (١) ، وحضر عنده الأعيان والرؤساء رحمه الله تعالى. [وممن توفي فيها من الأعيان] إسماعيل بن محمد بن الفضل علي بن أحمد، أبو القاسم الطلحي الأصبهاني (٢) ، سمع الكثير، ورحل، وكتب، وأملى بأصبهان قريبًا من ثلاثة آلاف مجلس، وكان إمامًا في الفقه والحديث والتفسير واللغة، حافظًا متقنًا. توفي ليلة عيد الأضحى، وقد قارب الثمانين، ولما أراد الغاسل تنحية الخِرقة عن فرجه، ردّها بيده، وقيل: إنه وضع يده على فرجه (٣) . محمد بن عبد الباقي بن محمد بن عبد الله بن محمد بن عبد الرحمن بن الربيع [بن ثابت] (٤) بن وهب بن مَشْجعة بن الحارث بن عبد الله بن كعب بن مالك (٥) الأنصاري: سمع الحديث، وتفرّد عن جماعة من المشايخ، وأملى الحديث في جامع القصر، وكان مشاركًا في علوم كثيرة. وقد أسر في صغره في أيدي الروم، فأرادوه (٦) أن يتكلم بكلمة الكفر، فلم يفعل، وتعلم منهم خط الروم وكان يقول: من خدم المحابر خدمته المنابر. ومن شعره الذي أورده له ابن الجوزي (٧) عنه وسمعه منه قوله: [من الكامل] احْفَظْ لِسانَكَ لا تَبُحْ بثلاثَةٍ … سنٍّ [ومالٍ - ما استطعتَ - ومَذْهَبِ] (٨) فعلى الثلاثةِ تُبْتَلَى بثلاثةٍ … بمكفّرٍ وبحاسدٍ ومكذّب ومن ذلك قوله: [من الكامل] لي مدةٌ لا بدَّ أبلغُها … فإذا انقضتْ وتصرَّمت مُتُّ
(١) ط: أبو الحسن الحلي، وهو تصحيف. والخبر في المنتظم (١٠/ ٨٩) وسترد ترجمته في حوادث سنة ٥٥٢. (٢) ترجمته في المنتظم (١٠/ ٩٠) وابن الأثير (٨/ ٣٦٩) وتذكرة الحفاظ (٢/ ٧٠) والعبر (٤/ ٩٤ - ٩٥) ومرآة الجنان (٣/ ٢٦٣). (٣) هذا من المبالغات التي لا تصح (ع). (٤) آ: بن الربيع. مكررة. (٥) ترجمته في المنتظم (١٠/ ٩٢ - ٩٤) وابن الأثير (٨/ ٣٦٩) ومرآة الزمان (٨/ ١٧٨) والعبر (٤/ ٩٦) ومرآة الجنان (٣/ ٢٦٣) وذيل ابن رجب (١/ ١٩٢ - ١٩٨) والمنهج الأحمد (٢/ ٢٨٦) وسير أعلام النبلاء (٢/ ٢٣ - ٢٨). (٦) ط: على أن يتكلم. (٧) المنتظم (١٠/ ٩٢ - ٩٤). (٨) ليس في آ.

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