I. POÉSIE
(1) J’ai courbé mes côtes pour étreindre un cœur qui me déroute chaque jour et m’épuise par ses revirements.
(2) Le vent soufflant depuis Najd l’agite, et l’éclair scintillant venant de Na‘mān l’enchante.
Il dit aussi (dans le mètre « ar-Raml ») :
(3) « Voici al-Khayf et voilà Minā ; sois donc indulgent, ô conducteur de la caravane, avec nous.
Accorde-nous un instant pour retenir la caravane, afin que nous lamentions le campement et pleurions le sang versé.
(4) Pour ce moment, j’ai préparé mes pleurs, et pour ce jour, je recueille mes larmes.
(5) Il y eut un temps où nous fûmes voisins — que Dieu le fasse revenir !
(6) Entre nous eut lieu le jour d’Uthaylāt al-Taqā, sans que nous l’ayons mutuellement décidé. »
II. ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE 534 DE L’HÉGIRE (1139–1140)
(7) Cette année-là, Zankī assiégea Damas. L’atabeg Muʿīn ad-Dīn Unur, ancien esclave de Ṭuġtakīn, en renforça les défenses. Il se trouva que le roi de la ville, Ǧamāl ad-Dīn Muḥammad ibn Būrī ibn Ṭuġtakīn, vint à mourir.
(8) Alors Muʿīn ad-Dīn fit appel à son frère, Mudjīr ad-Dīn Abaq, qui se trouvait à Baalbek, et le désigna souverain de Damas. Zankī partit alors pour Baalbek, s’en empara et y plaça comme lieutenant Nadjm ad-Dīn Ayyūb.
(9) Durant cette même année, le calife al-Muqtafī li-Amr Allāh entra auprès de la khātūn Fāṭima, sœur du sultan Masʿūd. Les portes de Bagdad furent fermées plusieurs jours, et l’on considéra cet événement comme un moment marquant.