En raison de lui, l’on regroupa plusieurs prières. Abū Saʿd al-Samʿānī s’exprima alors à ce sujet en disant : « Il négligeait ses prières. » Ibn al-Jawzī (1) répliqua à al-Samʿānī en l’excusant par la maladie – Dieu sait mieux. Il vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Son décès survint à Neyshābūr durant le mois de Rabīʿ al-Ākhir, et il fut inhumé au cimetière de Yaḥyā ibn Yaḥyā (2).
ʿAlī (3) ibn Aflaḥ, Abū al-Qāsim le scribe : al-Mustarshid lui remit un vêtement d’honneur, le qualifia de « Jamāl al-Mulk » et lui attribua quatre demeures. Il possédait déjà une autre maison attenante aux premières ; il démolit alors le tout et bâtit à leur place une imposante demeure longue de soixante coudées et large de quarante. Le calife lui fournit du bois, des briques et de l’or pour sa construction, et Ibn Aflah dépensa sur ce projet des sommes considérables. Il inscrivit sur ses portes et ses frises de beaux vers, tant de sa propre composition que de celle d’autres poètes. Parmi ces vers, on trouve à la porte de la demeure (4) :
« Si les spectateurs s’étonnent de mon extérieur,
Mon intérieur, s’ils le savaient, est plus étonnant encore.
C’est celui dont la main est une nuée bienfaitrice qui m’a érigée,
Devant laquelle la nuée orageuse rougirait de honte.
Le jardin de sa moralité m’a orné de parterres
Dont l’éclat doré resplendit.
Un rang éminent a couvert mon sein de sa lumière :
Un soleil qui ne se couche pas au fil des jours. »
Sur la frise était écrit (du mètre majzūʾ al-kāmil) :
« Il est de la noblesse d’un jeune homme, tant qu’il vit,
D’avoir une demeure dont il puisse s’enorgueillir.
Contente-toi de cette demeure en ce monde
Et œuvre pour l’Autre Demeure.
Car celle-là tiendra ce qu’elle a promis,
Tandis que celle-ci se rit de celui qui la poursuit. »