Puis débuta l’année cinq cent trente-trois. Durant celle-ci, il y eut un formidable tremblement de terre dans la ville de Ganja, qui fit deux cent trente mille victimes. À l’emplacement de la cité, apparut alors une eau noire s’étendant sur dix parasanges dans les deux sens. Les habitants d’Alep furent également secoués quatre-vingts fois en une seule nuit.
Cette même année, le sultan Masʿūd abrogea de nombreuses taxes, si bien que les prières en sa faveur se multiplièrent.
Au cours de cette année, une grande bataille opposa le sultan Sanjar et le Khwârazm-Shah. Sanjar en sortit vainqueur, et le fils du Khwârazm-Shah fut tué lors du combat, causant à son père un immense chagrin.
Toujours cette année-là, le seigneur de Damas, Shihâb al-Dîn Maḥmūd ibn Tâj al-Mulūk Būrî ibn Ṭughtekîn, fut assassiné de nuit par trois de ses proches. Ceux-ci s’enfuirent de la citadelle : deux furent rattrapés et crucifiés, tandis que le troisième parvint à s’échapper.
Après lui, son frère Kamâl al-Dîn Muḥammad ibn Tâj al-Mulūk accéda au pouvoir. Il se trouvait auparavant à Baalbek. Par la suite, ʿImâd al-Dîn Zankî mourut à Baalbek et, avant son décès, il y désigna comme émir suppléant Najm al-Dîn Ayyûb, le père du sultan Ṣalâḥ al-Dîn (Saladin) et d’al-Malik al-ʿÂdil Abû Bakr, ainsi que de leur descendance.
Au cours de cette année, on retira aux Juifs et aux Chrétiens leurs charges administratives, puis on les y rétablit moins d’un mois plus tard.
Cet automne, le pèlerinage fut dirigé par Naẓar al-Khâdim – qu’Allah le récompense.
Parmi les notables décédés cette année-là, figure Zâhir ibn Ṭâhir ibn Muḥammad Abû al-Qâsim ibn Abî ʿAbd al-Raḥmân ibn Abî Bakr al-Shaḥḥâmî, un grand transmetteur de hadith, infatigable voyageur qui recueillit de nombreux récits et dispensa ses enseignements au grand mosque de Neyshâbûr en mille séances. On dit qu’il souffrait d’une maladie chronique qui le tourmentait fréquemment.