Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils dirent : « As-tu poussé ? » Et elle de répondre : « J’ai poussé pour la ruine de cette mosquée. » Alors Salomon s’exclama : « Dieu ne permettrait pas qu’elle soit détruite de mon vivant. Quant à toi, ton visage porte le signe de ma perte et de la ruine de la Maison sainte. » Il l’arracha donc et la replanta dans un de ses murs(1). Puis il entra dans son oratoire et se mit en prière, appuyé sur son bâton. Il rendit alors l’âme sans que les démons ne s’en aperçoivent. Ceux-ci continuaient en effet de travailler pour lui, car ils craignaient qu’il n’apparaisse et ne les punisse.

Les démons se tenaient autour de l’oratoire, dont l’avant et l’arrière étaient percés de petites ouvertures. Celui d’entre eux qui voulait y pénétrer se disait : « Ne suis-je pas assez solide pour y entrer et en ressortir de l’autre côté ? » Il tentait alors de passer d’une lucarne à l’autre. L’un d’eux s’y aventura : il trouva Salomon (– paix sur lui –) dans l’oratoire – et aucun démon ne pouvait poser le regard sur Salomon en ce lieu sans être aussitôt brûlé – mais il n’entendit aucun son. Il ressortit, revint, puis entra de nouveau, tomba à l’intérieur sans être consumé, et découvrit Salomon (– paix sur lui –) inanimé, déjà mort. Il sortit donc annoncer aux gens la mort de Salomon.

On ouvrit l’endroit où se trouvait le corps, l’en retira et l’on constata que son bâton – appelé « minsā’a » (mot signifiant « bâton » en éthiopien) – avait été rongé par les termites. Nul ne savait depuis combien de temps il était décédé. On plaça alors les termites sur ce bâton, et elles en mangèrent pendant un jour et une nuit. Après avoir calculé le temps, ils comprirent qu’il était mort depuis une année. C’est la lecture d’Ibn Masʿūd : « Ils continuèrent à s’épuiser (2) pour lui pendant toute une année après sa mort. » Les gens eurent ainsi la certitude que les djinns mentaient : s’ils avaient eu connaissance de l’invisible, ils auraient su la mort de Salomon et ne seraient pas demeurés une année dans ce tourment à son service.

C’est le sens de la Parole de Dieu (– Exalté soit-Il –) : « Rien ne leur apprit sa mort si ce n’est la bête de terre qui rongeait son bâton ; puis, lorsqu’il s’écroula, il apparut clairement aux djinns que, s’ils avaient su l’inconnaissable, ils ne seraient pas restés dans le châtiment humiliant. » Autrement dit, on découvrit alors leur imposture aux yeux des gens.

Les démons déclarèrent alors aux termites : « Si tu te nourrissais de nourriture ordinaire, nous t’apporterions la meilleure, et si tu buvais quelque breuvage, nous t’offririons le plus délicieux ; mais en l’état, nous te fournirons eau et boue. » Ils s’employèrent donc à lui en apporter là où elle se trouvait. On raconte : « N’as-tu pas vu la boue qui se retrouve au cœur du bois ? Voilà ce que les démons lui procurent, en guise de reconnaissance(3). » Ceci fait partie des récits israélites qu’on ne confirme ni ne dément formellement.

Abou Dâwoud rapporte dans son livre “Al-Qadar”(4) : ‘Uthmân ibn Abî Shaybah nous raconta, d’après Qabîsah, lui-même d’après Sufyân, d’après l’Aʿmach, d’après Khaythamah : Salomon, fils de David (– qu'Allah lui fasse miséricorde –), dit à l’Ange de la mort : « Quand tu voudras saisir mon âme, informe-m’en. » L’Ange répondit : « Je n’en sais pas plus que toi ; ce ne sont que des listes qu’on me transmet, où figurent les noms de ceux qui doivent mourir. » Selon Asbagh ibn al-Faraj et ʿAbd Allâh ibn Wahb, sur l’autorité de ʿAbd ar-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam, Salomon aurait dit à l’Ange de la mort : « Lorsque je serai désigné, avertis-moi. » Alors celui-ci vint à lui et déclara : « Ô Salomon, j’ai reçu l’ordre à ton sujet. Il ne te reste plus que très peu de temps. » Salomon invoqua donc [Dieu].

(1) Al-Ḥā’iṭ : le jardin. (2) Dans l’histoire de al-Ṭabarī : ils rendent un culte. (3) Histoire de al-Ṭabarī (1/502), et son Tafsīr (22/51-52). (4) Le livre du Destin d’Abū Dāwūd, rapporté de lui par Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ya'qūb al-Mattuṯī al-Baṣrī. Cela est mentionné par al-Dhahabī dans Siyar A‘lām al-Nubalā’ (13/206), mais nous n’en possédons pas de copie.
نبتّ؟ فقالت: نبتُّ لخراب هذا المسجد. فقال سليمان: ما كان الله ليخرِبه وأنا حيّ، أنتِ التي على وجهك هلاكي وخراب بيت المقدس، فنزعها وغرسها في حائط (١) له. ثم دخل المحراب، فقام يصلي مُتّكِئاً على عصاه، فمات ولم يعلم به الشياطين، وهم في ذلك يعملون له، يخافون اْن يخرج فيعاقبهم. وكانت الشياطين تجتمع حول المحراب، وكان المحراب له كُوًى بين يديه وخلفه، فكان الشيطان الذي يريد أن يخلع يقول: ألست جليداً إن دخلت فخرجت من ذلك الجانب، فيدخل حتى يخرج من الجانب الآخر. فدخل شيطان من أولئك فمرَّ -ولم يكن شيطان ينظر إلى سليمان (عليه السلام) وهو في المحراب إلا احترق- ولم يسمع صوت سليمان، ثمّ رجع فلم يسمع، ثمّ رجع فوقع في البيت ولم يحترق، ونظر إلى سليمان (عليه السلام) قد سقط ميتاً، فخرج فأخبر الناس أن سليمان قد مات. ففتحوا عنه فأخرجوه ووجدوا مِنْسأته -وهي العصا بلسان الحبشة- قد أكلتها الأرضة، ولم يعلموا منذ كم مات، فوضعوا الأرضة على العصا فأكلت منها يوماً وليلةً. ثمّ حسبوا على ذلك النحو فوجدوه فد مات منذ سنة. وهي قراءة ابن مسعود: "فمكثوا يدأبون (٢) له من بعد موته حولًا كاملاً" ، فأيقن الناس عند ذلك أن الجن كانوا يكذبون، ولو أنهم علموا الغيب لعلموا بموت سليمان. ولم يلبثوا في العذاب سنة يعملون له، وذلك قول الله – Exalté soit-Il – : ﴿مَا دَلَّهُمْ عَلَى مَوْتِهِ إِلَّا دَابَّةُ الْأَرْضِ تَأْكُلُ مِنْسَأَتَهُ فَلَمَّا خَرَّ تَبَيَّنَتِ الْجِنُّ أَنْ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ الْغَيْبَ مَا لَبِثُوا فِي الْعَذَابِ الْمُهِينِ﴾ يقول: تبين أمرهم للناس أنهم كانوا يكذبونهم. ثم إن الشياطين قالوا للأرضة: لو كنتِ تأكلين الطعام لأتيناك بأطيب الطعام، ولو كنتِ تشربين الشراب سقيناك أطيب الشراب، ولكنا سننقل إليك الماء والطين. قال فهم ينقلون إليها ذلك حيث كانت، قال: ألم تر إلى الطين الذي يكون في جوف الخشب فهو ما يأتيها به الشياطين تشكراً لها (٣) . وهذا فيه من الإسرائيليات التي لا تُصدّق ولا تكذّب. وقال أبو داود في كتاب " القدر" (٤) : حدّثنا عثمان بن أبي شيبة، حدّثنا قبيصة، حدّثنا سفيان، عن الأعمش، عن خيثمة قال: قال سليمان بن داود (رحمه الله) لملك الموت: إذا أردت أن تقبض روحي فأعلمني. قال: ما أنا أعلم بذاك منك، إنما هي كُتب يُلقى إليَّ فيها تسميةُ من يموت. وقال أصبغ بن الفرج وعبد الله بن وهب، عن عبد الرحمن بن زيد بن أسلم قال: قال سليمان لملَك الموت: إذا أمرتَ بي فأعلمني. فأتاه فقال: يا سليمان قد أُمِرت بك، قد بقيت لك سُوَيعة، فدعا
(١) الحائط: البستان. (٢) في تاريخ الطبري: يدينون. (٣) تاريخ الطبري (١/ ٥٠٢)، وتفسيره (٢٢/ ٥١ - ٥٢). (٤) كتاب القدر لأبي داود، رواه عنه محمد بن أحمد بن يعقوب المتُّوثي البصري. ذكر ذلك الذهبي في سير أعلام النبلاء (١٣/ ٢٠٦)، ولم يصل إلينا.

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