Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mohammed al-Hariri acheva la rédaction des Maqâmât, et la cause en fut qu’Abou Mohammed était, un jour (1), assis dans la mosquée de Banû Ḥarâm, située dans un quartier de Bassora. Un vieillard vêtu de deux haillons y entra. Ils lui demandèrent : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis un homme de Surûj, on m’appelle Abou Zayd. » C’est ainsi qu’al-Hariri composa la Maqâma Ḥarâmiyya, qui se répandit parmi les gens. Lorsque le vizir Anouchirwân la lut, il en fut impressionné et ordonna à Abou Mohammed al-Hariri d’en écrire d’autres. Celui-ci composa alors, en sus, le reste pour compléter les cinquante Maqâmât, lesquelles sont ces célèbres œuvres diffusées parmi le public. Le vizir Anouchirwân était généreux, fort loué, bien qu’on le dît incliné vers le chiisme (2). Al-Hariri, auteur des Maqâmât, le loua dans les vers suivants :

(3) « Ah ! Puissé-je savoir, même si le souhait n’est qu’un prétexte, / Et qu’il apporte malgré tout un réconfort à l’âme en détresse.
(4) Savez-vous qu’à partir de l’instant où vos demeures se sont éloignées, / Mon approche de votre vaste demeure s’est également écartée ?
(5) Je subis un désir dont l’ardeur ne s’éteint jamais, / Me retournant la nuit d’un flanc à l’autre.
(6) Et quand je me rappelle nos jours de rencontre, je revis / Ce souvenir, en proie à la tristesse, l’esprit troublé.
(7) Vers vous, mon cœur aspire à chaque instant, / Plus encore que l’assoiffé n’aspire à l’eau fraîche et pure.

Par Dieu ! Si j’avais caché l’amour que je vous porte, / Il n’aurait pu rester secret ni à l’est ni à l’ouest.
Ce qui afflige et rachète mon cœur éprouvé, / C’est que, vous satisfaisant de me négliger, vous n’avez pas répondu à mes lettres.
Autrefois, je ne craignais nul rejet malgré mes fautes ; / Aujourd’hui je le redoute, alors même que je n’ai commis aucun péché.
Et lorsque l’émissaire irakien se mit en route vers vous, / Je ne pus prendre la même voie pour m’avancer avec la caravane.
J’ai donc fait de mon écrit mon représentant, par nécessité, / À l’instar de qui n’a pas d’eau et se tourne vers la terre pour ses ablutions.
(8) J’ai aussi dépêché (9) une parcelle de moi-même, / Afin de vous informer (10) [du mal] de mon état et de vous appeler à l’examiner.
(11) Je ne considère pas que simplement vous rappeler, après qu’on vous ait connu, / Soit une vertu suffisante ; (12) votre indulgence me suffit comme excuse. »

(1) Non présent dans l'édition. (2) Non présent dans l'édition. (3) Dans les deux sources originales et l'édition : « laʿallah », et ce qui est ici provient de al-Muntaẓam. (4) al-Muntaẓam : « iftirāqī » (dispersé). (5) Édition : « mā azāl adārahu » (je continue à le gérer). (6) Non présent dans l'exemplaire b. (7) Ce vers est venu dans b après celui qui suit. (8) Édition : « wa yuʿaḍḍid ... tunabbikum ʿan sirri ḥālī ». (9) Édition : « tunabbikum ». (10) Édition : « sir » (secret). (11) Édition : « ... ʾidhkārukum baʿda khayrikum ». (12) al-Muntaẓam : « ihtizāzukum » (tremblement).
محمد الحريري بتكميل المقامات، وكان سبب ذلك أن أبا محمد كان جالسًا [ذات يوم] (١) في مسجد بني حرام في محلة من محال البصرة، فدخل عليهم شيخ ذو طمرين، فقالوا: مَنْ أنتَ؟ قال: أنا رجل من سروج، يقال لي أبو زيد. فعمل الحريري المقامة الحرامية، واشتهرت في الناس، فلما طالعها الوزير أنوشروان أُعجب بها، وكلَّف أبا محمد الحريري أن يزيد عليها غيرها، فعمل معها تمام الخمسين مقامة، فهي هذه المشهورة المتداولة بين الناس. وقد كان الوزير أنوشروان كريمًا [ممدَّحًا غير أنه كان يُنسب إلى التشيع] (٢) ، وقد مدحه الحريري صاحب المقامات: [من الطويل] ألا ليتَ شِعري والتَّمنّي تَعلَّةٌ (٣) … وإنْ كانَ فيه راحَةٌ لأخي الكَرْبِ أتَدْرونَ أَنّي مُذْ تناءتْ ديارُكُمْ … وشَطَّ اقترابي (٤) من جنابِكم الرَّحْبِ أكابدُ شَوْقًا ما يزالُ أُوارُه (٥) … يقلّبني في الليلِ جنبًا على جَنْبِ وأَذْكرُ أيامَ التّلاقي فأنثني (٦) … لتَذْكَارها بادي الأسى طائرَ اللُّبِّ ولي حنَّةٌ في كلِّ وقت إليكُمْ … ولا حنّةُ الصّادي إلى البارد العذبِ (٧) فوالله لَوْ أنّي كتمتُ هواكمُ … لما كان مكتومًا بشرقٍ ولا غربِ ومما شجا قلبي المعنّى وشَفَّه … رضاكم بإهمالِ الإجابةِ عن كتبي وقد كنتُ لا أخشى مع الذنب جفوةً … فقد صرتُ أخشاها وما ليَ من ذنبِ ولمّا سرى الوَفْدُ العراقيُّ نحوكم … وأعوزني المسرى إليكم مع الركبِ جعلتُ كتابي نائبًا عن ضرورةٍ … ومَنْ لم يجدْ ماءً تيمَّمَ بالتُّربِ وَنَفَّذْتُ (٨) أيضًا بضعةً من جوارحي … لتُنْبئكم (٩) [عن شر] (١٠) حالي وتَسْتَنْبي ولستُ أرى تذكارَكُم بَعْدَ خُبْرِكم (١١) … بمكرُمةٍ حَسْبي اعْتذارُكم (١٢) حَسْبي
(١) ليس في ط. (٢) ليس في ط. (٣) في الأصلين وط: لعله، وما هنا عن المنتظم. (٤) المنتظم: افتراقي. (٥) ط: ما أزال أداره. (٦) ليس في ب. (٧) جاء هذا البيت في ب بعد الذي يليه. (٨) ط: ويعضد … تنبيكم عن سر حالي. (٩) ط: تنبيكم. (١٠) ط: سر. (١١) ط: … إذكاركم بعد خيركم. (١٢) المنتظم: اهتزازكم.

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