Al-Farawî comptait mille transmetteurs. On raconte que cela était inscrit sur sa bague. Il fit entendre le recueil de hadiths Ṣaḥīḥ Muslim près de vingt fois. Il décéda au mois de Shawwāl de cette année-là, à l’âge de quatre-vingt-dix ans (1).
[Puis vint l’année 531]
Cette année-là, une forte mortalité subite frappa la région d’Ispahan : des milliers de personnes moururent et de nombreuses habitations furent fermées (2).
La même année, le calife épousa la Khātūn Fāṭima, fille de Muḥammad ibn Malikšāh, avec une dot de cent mille dinars. Son frère, le sultan Masʿūd, assista à la cérémonie de mariage en compagnie d’un groupe de notables de l’État, de ministres et d’émirs, et l’on distribua aux gens diverses formes de présents.
Durant cette année encore, les habitants de Bagdad jeûnèrent le mois de Ramaḍān pendant trente jours et ne virent pas le croissant de lune au soir du trente et unième jour, alors même que le ciel était dégagé. Ibn al-Jawzî (3) dit : « Voilà une chose qui ne s’était jamais produite. »
C’est également cette année-là que s’enfuit le vizir du maître d’Égypte, Tāǧ ad-Dawla Bahram le chrétien ; après s’être emparé du pouvoir et avoir mal gouverné, il fut recherché par le calife al-Ḥāfiẓ, qui finit par le capturer, l’emprisonner, puis le libérer. Il se fit moine et abandonna ses fonctions (4). Ridwān ibn al-Walaḫšī (5) fut alors nommé vizir pour lui succéder et reçut le titre de « al-Malik al-Afḍal », titre qu’aucun vizir n’avait encore jamais porté (6). Il y eut ensuite discorde entre lui et le calife (7) al-Ḥāfiẓ, qui ne cessa de manigancer jusqu’à ce qu’il le fasse exécuter, et il assura seul la conduite de ses affaires (8).
Cette année-là, ʿImād ad-Dīn Zankī s’empara de plusieurs territoires (9). Dans le Šām (la Grande Syrie), un nuage noir apparut et obscurcit la terre, suivi d’un nuage rouge semblable à du feu qui éclaira partout. Puis souffla un vent violent qui déracina de nombreux arbres. Ensuite vint une pluie torrentielle et il tomba de gros grêlons (10).