Il fut loué, et l’on récita (1) à son sujet (2) :
[Sur le mètre al-basît]
« Comment trouver une issue alors que tel est mon état en amour ?
Et mon ardent désir domine sur les reproches de mes censeurs.
Comment pourrais-je oublier,
Alors que mon amour pour lui me préoccupe
Et m’empêche de mener à bien mes tâches et mes occupations ? »
Il avait fait construire un ribat où se retrouvaient (5) plusieurs dévots et ascètes. Quand son heure approcha, il leur recommanda de craindre Dieu – Exalté soit-Il – et de Lui être sincères [envers Dieu et la religion] (6). Lorsqu’il eut terminé ses conseils, il entra dans l’agonie : la sueur perla sur son front. Il tendit alors la main et dit (7) [sur le mètre al-kâmil] (8) :
« Me voici qui tends la main vers Toi, alors rends-la-moi
Par Ta grâce et non par la dérision de mes ennemis. »
Puis il ajouta : « Je vois les maîtres spirituels devant lesquels se trouvent des plateaux ; ils m’attendent. » Ensuite, il rendit l’âme (10). C’était dans la nuit du mercredi, à la mi-Ramadan. Il fut inhumé dans son ribat, puis le ribat et sa tombe furent engloutis en l’an [554 de l’Hégire, que Dieu lui fasse miséricorde] (11).
Quant à Muḥammad ibn al-Faḍl ibn Aḥmad [ibn Muḥammad] (12) ibn Abī al-ʿAbbās, Abū ʿAbd Allāh al-Ṣāʿidī al-Furāwī (13), son père [était originaire du port de Furāwa, puis s’installa à Nishāpūr, où naquit Muḥammad]. Il écouta de nombreux ḥadīths auprès (14) de plusieurs maîtres à travers différentes régions (15). Il fit des études juridiques, émit des fatwas, s’adonna à la discussion et à la prédication. Il avait de l’esprit, un beau visage, des manières agréables et souriait souvent. Il donna plus de mille séances d’enseignement, et des étudiants vinrent de toutes parts le rejoindre. Au point que l’on disait :