Une plante surgissait devant lui, et il lui disait : « Quel est ton nom ? » Elle répondait : « Un tel. » Il demandait alors : « Pour quelle raison es-tu [apparue] ? » Si c’était pour être plantée, on la plantait ; et si c’était pour servir de remède, on la faisait pousser (1).
Un jour, alors qu’il priait, il aperçut un arbre devant lui. Il lui dit : « Quel est ton nom ? » Elle répondit : « Al-kharrûb (la caroube). » Il demanda : « Pour quelle raison es-tu [apparue] ? » Elle dit : « Pour la ruine de cette Maison. » Alors Salomon déclara : « Ô Dieu, dissimule ma mort aux djinns afin que les humains sachent que les djinns ne connaissent pas l’inconnaissable. » Il la tailla en bâton et s’y appuya pendant un an, tandis que les djinns poursuivaient leur travail. Mais la tige fut rongée par un termite, et alors les humains comprirent que si les djinns avaient su l’inconnaissable, ils ne seraient pas restés un an dans un tourment humiliant (2).
On rapporte qu’Ibn ‘Abbâs récitait le texte en ce sens (3). Il dit : « Les djinns remercièrent le termite en lui apportant de l’eau. » Telle est la version d’Ibn Jarîr (4). Quant à la narration de ‘Atâ’ ibn as-Sâ’ib (5), elle comporte un passage contestable (6).
Al-Hâfiẓ Ibn ‘Asâkir l’a également rapportée selon la chaîne de transmission : Salama ibn Kuhayl, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, à l’état de récit interrompu (mawqûf) (7), et cela est plus proche de l’exactitude. Dieu sait mieux.
As-Suddî a également rapporté, d’après Abû Mâlik, d’après Abû Ṣâliḥ, d’après Ibn ‘Abbâs, d’après Murra, d’après Ibn Mas‘ûd, et d’après un groupe de Compagnons : Salomon – paix sur lui – passait parfois un an ou deux (parfois un mois ou deux, ou plus ou moins) en retraite dans Bayt al-Maqdis (Jérusalem), en y emportant sa nourriture et sa boisson. Lors de la fois où il y mourut, tout commença ainsi : chaque matin, un arbre poussait à Bayt al-Maqdis et il venait l’observer. Il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’arbre répondait : « Mon nom est un tel. » Il demandait : « Pour quelle raison as-tu poussé ? » Alors l’arbre répondait : « J’ai poussé pour ceci ou pour cela », et il ordonnait qu’on le coupât (8). Si c’était un arbre destiné à être planté, on le plantait ; et si c’était un arbre destiné à un remède (9), il disait : « J’ai poussé comme remède pour telle ou telle chose », et on l’employait en ce sens.
Jusqu’au jour où poussa un arbre nommé Al-kharrûba (la caroube). Il lui demanda : « Quel est ton nom ? » Elle répondit : « Je suis Al-kharrûba. » Il dit : « Et pour quelle raison… »