Ils le découpèrent alors en morceaux(1). Les gens n’en recueillirent que des traces(2). Ils tuèrent également un groupe de ses compagnons, parmi lesquels Abû ‘Abd Allâh ibn Sukaynah(3). Ces hommes furent ensuite arrêtés et brûlés – qu’Allah les défigure(4).
La nouvelle s’en répandit(5) à travers les contrées, si bien qu’aucune ville n’était moins affligée qu’une autre de la mort du calife al-Mustarshid, et plus particulièrement à Bagdad, où les femmes sortirent dans les rues pour se lamenter et le pleurer. Abû al-Faraj ibn al-Jawzî(6) rapporte ainsi ce qu’elles chantaient comme élégies sur le calife – qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Il fut tué](7) à la porte de Marâgha le jeudi 17 Dhu al-Qa‘dah, puis son corps fut transporté à Bagdad(8). Lorsque la nouvelle de sa mort fut confirmée à Bagdad, un deuil de trois jours fut observé en son honneur, après que son fils, al-Râshid, eût été investi calife.
Quelques éléments de la biographie(9) d’al-Mustarshid indiquent qu’il – qu’Allah lui fasse miséricorde – était courageux, hardi, ambitieux, éloquent, au propos doux et agréable. Il disposait d’une belle plume, d’une expression juste(10), et jouissait de la sympathie tant du peuple que des élites. Il fut le dernier calife que l’on vit prononçant un sermon.
Il fut tué – qu’Allah lui fasse miséricorde – à l’âge de quarante-trois ans et trois mois(11), et son califat dura dix-sept ans, six mois et vingt jours. Sa mère était une concubine affranchie parmi les Turcs – qu’Allah lui fasse miséricorde.