Il mit fin à la mention de son nom dans la khutba depuis Bagdad. Sur ces entrefaites, son frère Tughrul ibn Muhammad ibn Malikshah vint à mourir. Il partit alors conquérir les provinces, s’en empara, et son courage s’en trouva renforcé. Il se mit ensuite à rassembler les troupes, dans l’intention de s’emparer de Bagdad des mains du calife. Lorsqu’il en fut informé, le calife prit grandement peur et se prépara à cette menace. Un groupe de hauts dignitaires de l’armée s’enfuirent auprès du calife, craignant la puissance du roi Masʿoud.
Le calife sortit de Bagdad à la tête d’immenses troupes incluant des juges et diverses figures de l’État, lesquels marchèrent devant lui durant la première étape, jusqu’à ce qu’ils atteignent le grand pavillon. Il envoya une avant-garde, pendant que le roi Masʿoud dépêchait de son côté Dubays ibn Ṣadaqa ibn Manṣour, souverain de la ville d’al-Ḥilla. De nombreux événements et de grandes batailles eurent lieu.
En somme, les deux armées s’affrontèrent le lundi dixième jour du mois de Ramaḍān, dans un combat acharné où seuls cinq hommes périrent de part et d’autre. Le calife chargea d’abord l’armée du roi Masʿoud et l’anéantit. Cependant, les troupes du roi Masʿoud se rallièrent, lancèrent une contre-attaque contre celles du calife, les mirent en déroute, tuèrent de nombreux soldats et capturèrent le calife. On pilla alors ses biens et ses approvisionnements, dont quatre mille mille dinars, ainsi que divers vêtements, robes, meubles, étoffes et ustensiles. – Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons.
La nouvelle se répandit dans les autres régions. Lorsque les habitants de Bagdad l’apprirent, ils furent bouleversés et en furent ébranlés tant en apparence qu’en profondeur. La foule envahit les chaires des mosquées et les mit en pièces, s’abstenant d’assister aux prières communautaires. Les femmes sortirent de la ville, les cheveux découverts, pleurant la captivité du calife. Beaucoup d’habitants d’autres contrées imitèrent le peuple de Bagdad. Une grande discorde se déclencha et s’étendit à nombre de provinces. La situation demeura ainsi jusqu’au début du mois de Dhû al-Qaʿda, tandis que la rumeur gagnait toujours du terrain dans les régions. Le roi Sanjar écrivit alors à son neveu Masʿoud pour le mettre en garde contre les conséquences d’un tel acte.