« Lève-toi, apporte-la depuis la main de celle qui porte l’ornement, car le héraut du matin a déjà annoncé la fin de la nuit.
Hâte-toi vers les plaisirs et chevauche pour eux les montures du divertissement, emplies de réjouissance,
avant que le soleil de l’aurore ne vienne siroter la rosée du matin au sourire des fleurs. »
Il composa également (1) :
« Elle a accru la noirceur du khôl sur les paupières, et elle aiguise la pointe de la flèche, pourtant déjà mortelle. »
[Puis vint l’année cinq cent vingt-huit (528)]
Cette année-là :
– Le calife et Zengui conclurent un accord de paix.
– Zengui conquit de nombreuses forteresses et tua beaucoup de Francs.
– Shams al-Moulouk s’empara de Shaqif (2) et de Beyrouth, puis il pilla les contrées franques.
– Seljouk Chah arriva à Bagdad, s’installa dans la demeure du royaume et fut honoré par le calife, qui lui envoya (3) dix mille dinars. Ensuite, le sultan Mas‘oud fit son entrée à son tour, la plupart de ses hommes étant montés sur des chameaux (4) en raison du manque de chevaux.
– L’émirat (5) des Banou ‘Uqayl fut confié aux fils de Souleyman ibn Mahârish al-‘Uqayli, en hommage à leur aïeul.
– Ibn Tirâd fut rétabli au poste de vizir.
– Iqbâl al-Mustarshidi reçut les robes royales, fut nommé « Roi des Arabes, Sabre de l’État », et chevaucha ainsi paré, puis assista au divan dans la même tenue.
– Le pouvoir du roi Tughrul se consolida, tandis que celui du roi Mas‘oud s’affaiblit.
[Parmi les personnalités décédées cette année-là]
Aḥmad ibn ‘Alī ibn Ibrāhīm, Abū l-Wafā al-Fayrūzābādī (6).