Ils dirent : « Tu as délaissé la poésie »(1). J’ai répondu : « Par nécessité(2)… car la porte des motivations et des incitations est close. Les contrées se sont vidées(3) : plus de bienfaiteur généreux dont on espère la largesse, ni de bel être dont on tombe amoureux. Il est étonnant qu’elle (la poésie) ne soit pas achetée, et qu’on la trahisse(4) même lorsqu’elle est en perte de valeur, et qu’on la vole. »
Parmi les vers délicats rapportés par Ibn Khallikân dans son « al-Wafayât » et qui relèvent de sa belle poésie, on trouve (dans le mètre al-basîṭ) :
« Un signe de ta part nous suffirait, et la plus belle façon de rendre le salut, au matin de la séparation, est sur al-ʿAnam. / Jusqu’à ce que, de stupeur, son voile glisse, et que la fermeture délie, dans l’obscurité, le fil du collier. / Elle sourit alors, et la nuit s’illumina ; dans cette clarté nouvellement ordonnée, on put recueillir les perles dispersées. »
Il mourut cette année-là au pays de Balkh, où il fut inhumé(5), [– qu'Allah lui fasse miséricorde –](6).
Al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn ʿAbd Allāh(7) ibn al-Qāsim(8) ibn (ʿAbd Allāh) ibn Sulaymān ibn Wahb al-Dabbās, Abū ʿAbd Allāh, le poète connu sous le nom d’al-Bāriʿ(9), lut les différentes lectures (coraniques) et entendit le hadith. Il maîtrisait la grammaire, la langue et la littérature, et composa une poésie raffinée. Il mourut la même année, ayant dépassé quatre-vingts ans, [– qu'Allah lui fasse miséricorde –].
Muḥammad ibn Saʿdūn ibn Marajjā, Abū ʿĀmir al-ʿAbdarī(10) al-Qurashī al-Ḥāfiẓ : il était originaire de Mayūrqa(11) au Maghreb, se rendit à Bagdad et y reçut l’enseignement(12) de Ṭirād al-Zaynabī, d’al-Ḥumaydī et d’autres. Il possédait de nombreuses connaissances.