Parmi les notables qui décédèrent cette année figure As‘ad ibn Abī Naṣr al-Mīhanī (1), surnommé Abū al-Fatḥ : l’un des éminents imams chaféites de son époque. Il étudia la jurisprudence auprès d’Abū al-Muẓaffar al-Sam‘ānī, domina les savants de son temps, se distingua et surpassa ses pairs. Il fut nommé professeur à la Nizāmiyya de Bagdad, jouissant d’un grand prestige aussi bien auprès de l’élite que du peuple, et il transmit une « Taʿlīqa sur les divergences juridiques (al-khilāf) ». Par la suite, il fut démis de ses fonctions à la Nizāmiyya et se rendit à Hamadhan, où il mourut la même année—qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Puis débuta l’année 524 [de l’Hégire]. Cette année-là, une violente secousse tellurique frappa l’Irak et provoqua (2) l’effondrement de nombreuses habitations à Bagdad. En terre de Mossoul, une pluie abondante tomba, dont une partie se transforma en feu ardent, brûlant (3) de nombreuses demeures et poussant les habitants à fuir. À Bagdad, on découvrit des scorpions volants munis de deux dards, suscitant une grande frayeur parmi la population.
Cette même année, le sultan Sanjar s’empara de la ville de Samarcande, où se trouvait alors Muḥammad Khān (4). De son côté, ‘Imād al-Dīn Zankī conquit un vaste territoire dans la Jazīra [et dans les contrées] (5) franques. Il livra contre eux de longues guerres et de grands combats, remportant la victoire à chaque fois—louange et reconnaissance en soient rendues à Dieu. Il tua également un grand nombre de soldats byzantins lorsque ceux-ci pénétrèrent en Syrie, et les poètes le célébrèrent pour ses exploits.
[Au sujet de l’assassinat du calife fatimide d’Égypte]
Le 2 de Dhū al-Qaʿda, le calife fatimide al-Āmir bi-Aḥkām Allāh ibn al-Mustaʿlī, souverain d’Égypte, fut assassiné (6) par les Bâtinites. Il était âgé de trente-quatre ans et son règne avait duré vingt-neuf années, cinq mois et demi.