Le calife envoya ‘Alî ibn Tarâd al-Zaynabî, le naqîb, auprès du sultan Sanjar pour écarter Dubays de sa porte, et il lui fit porter les robes d’honneur et les bannières (1). Le sultan Sanjar reçut l’émissaire avec honneur et ordonna (2) que l’on batte les tambours à son entrée en trois moments distincts, montrant ainsi une grande obéissance (3).
Puis le sultan Mahmûd tomba malade à Bagdad. Le médecin lui recommanda de quitter la ville pour aller à Hamadhân. Il s’y rendit au mois de Rabî‘ al-Âkhir et confia la charge de shihna (gouverneur militaire) de Bagdad à ‘Imâd al-Dîn Zankî. Lorsque le sultan parvint à Hamadhân, il nomma Mujâhid al-Dîn Bihruz au poste de shihna de Bagdad, [lui attribuant également la ville de al-Hilla] (4), et envoya ‘Imâd al-Dîn Zankî à Mossoul et dans ses environs.
Cette même année, al-Hasan (5) ibn Salmân (6) donna des cours à la Nizâmiyya de Bagdad.
La même année encore, Abû al-Futûh al-Isfarâ’înî arriva et prêcha à Bagdad. Il cita alors de nombreux hadiths jugés fort répréhensibles, si bien qu’on l’obligea à s’en repentir et on lui ordonna de quitter la ville pour une autre. Cependant, un groupe de notables l’appuya et le ramena à son ancienne situation, provoquant de ce fait de nombreux troubles parmi la population. Certains gens du commun le lapidèrent [dans les marchés], car il utilisait des formules jugées inutiles, ce qui détourna les cœurs du public (7) et leur attira sa haine. Le shaykh ‘Abd al-Qâdir al-Jîlî prit alors la parole en assemblée : son propos plut aux gens (8), qui se mirent à l’aimer et délaissèrent l’autre.
Cette année-là également, le sultan Sanjar tua parmi les Bâtiniyya [environ douze] (9) mille individus. La caravane du pèlerinage fut dirigée par Naẓar al-Khâdim.
[Parmi ceux qui décédèrent cette année, on compte] Muhammad ibn ‘Abd al-Malik ibn Ibrâhîm ibn Aḥmad, Abû al-Ḥasan (10) ibn Abî al-Faḍl al-Hamdânî (11) al-Farḍî, l’auteur d’un ouvrage historique.