Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Parmi ceux des notables qui décédèrent cette année, il y eut :

• Aḥmad ibn Muḥammad ibn Muḥammad, Abū al-Futūḥ(1), al-Ṭūsī al-Ghazālī(2), le prédicateur, frère d’Abū Ḥāmid al-Ghazālī. Il était un prédicateur éloquent, doué pour le discours et l’ascèse, et habile dans sa manière de captiver l’auditoire(3). Il possédait de bons traits d’esprit. Un jour, il prononça une exhortation (mawʿiẓa) dans la demeure du roi Maḥmūd, qui lui offrit mille dinars. À sa sortie, il trouva à la porte la monture du vizir, avec sa selle dorée, ses harnais et ce qui l’ornait. Il la monta. Lorsque le vizir en fut informé, il dit : « Laissez-le faire, ne reprenez pas la monture. » Ainsi Aḥmad al-Ghazālī la prit pour lui.

Il arriva qu’il entende une noria gémir. Il jeta alors son manteau par-dessus, lequel fut déchiré morceau par morceau. Ibn al-Jawzī(4) rapporta qu’il disposait de bons mots, mais que, la plupart du temps, son discours restait confus, qu’il relatait des hadiths inventés, des récits vides et des idées corrompues. Il mentionna en outre différentes choses répréhensibles dans ses propos — Dieu seul le sait. Parmi celles-ci, le fait que chaque fois qu’il rencontrait une difficulté, il voyait le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) à l’état de veille, l’interrogeait et Celui-ci le guidait vers la vérité. Ibn al-Jawzī déclara également qu’il penchait du côté d’Iblīs et lui trouvait des excuses. Il critiqua longuement et abondamment Aḥmad al-Ghazālī, disant encore qu’on l’accusait d’aimer la compagnie de jeunes garçons et de défendre la « vision mystique » (al-mushāhada). Dieu seul sait ce qu’il en est réellement.

Ibn Khallikān(5) a dit de lui : « C’était un prédicateur dont les sermons étaient plaisants, brillant d’apparence, et doté de charismes et d’indications spirituelles. Il faisait partie des juristes, mais il se consacra tant à la prédication qu’elle finit par le dominer. Quand son frère adopta l’ascèse et abandonna son poste, il le remplaça à l’enseignement dans la “Nizāmiyya”. Il abrégea l’“Iḥyāʾ ʿulūm al-dīn” en un volume qu’il intitula “Lubāb al-Iḥyāʾ”. Il composa également “al-Dhakhīra fī ʿilm al-baṣīra”. Il voyagea à travers diverses contrées et servit les soufis de sa propre main. Il inclinait vers la retraite et l’isolement. »

• Aḥmad ibn ʿAlī ibn Muḥammad al-Wakīl(6), connu sous le nom de Ibn Barhān, Abū al-Fatḥ, le juriste shāfiʿite.

(1) Édition : Abū al-Fatḥ. (2) Sa biographie se trouve dans al-Muntaẓam (9/260), Ibn al-ʿAthīr (8/323), al-Lubāb (al-Ghazālī), Wafayāt al-Aʿyān (1/97-98), al-ʿIbar (4/45-46), al-Wāfī (7/62) et Mirʾāt al-Jinān (3/224). (3) Dans (D) : « at-ta'annī » (la diligence). (4) al-Muntaẓam (9/260-261). (5) Wafayāt al-Aʿyān (1/97). (6) Sa biographie est déjà présentée dans Wafāyāt pour l’année (518) avec une version légèrement différente en raison de la diversité des sources ; elle y est rapportée depuis al-Muntaẓam, alors qu’ici elle est extraite de Wafayāt al-Aʿyān (1/99). La biographie d’al-Dhahabī dans Wafāyāt pour l’année (518) figure dans Tārīkh al-Islām (11/285), citant Tārīkh Ibn al-Najjār (Bashār).
[وممن توفي فيها من الأعيان] أحمد بن محمد بن محمد، أبو الفتوح (١) الطُّوسي الغزالي (٢) الواعظ أخو أبي حامد الغزالي: كان واعظًا مفوَّهًا ذا حظ من الكلام والزهد وحسن التأتي (٣) ، وله نكت جيدة. ووعظ مرة في دار الملك محمود، فأطلق له ألف دينار، وخرج فإذا على الباب فرس الوزير بسرجها المذهّب، وسلاسلها، وما عليها من الحلي، فركبها. فبلغ ذلك الوزير، فقال: دعوه، ولا تُرَدُّ عليَّ الفرس. فأخذها الغزالي. وسمع مرة ناعورة تئنّ، فألقى عليها رداءه، فتمزق قطعًا قطعًا. قال ابن الجوزي (٤) : وقد كانت له نكت، إلا أن الغالب على كلامه التخليط، ورواية الأحاديث المصنوعة، والحكايات الفارغة، والمعاني الفاسدة. ثم أورد ابن الجوزي أشياء منكرة من كلامه، والله أعلم؛ من ذلك: أنه كلما أشكل عليه شيء رأى رسول الله ﷺ في اليقظة فسأله عن ذلك فدلَّه على الصواب. قال: وكان يتعصّب لإبليس ويعتذر له. وتكلّم فيه ابن الجوزي بكلام طويل كثير. قال: ونسب إلى محبة المردان، والقول بالمشاهدة، فاللّه أعلم بصحة ذلك. قال ابن خَلّكان (٥) : كان واعظًا مليح الوعظ، حسن المنظر، صاحب كرامات وإشارات. وكان من الفقهاء، غير أنه مال إلى الوعظ فغلب عليه. ودرَّس بالنظامية نيابة عن أخيه لما تزهّد وتركها. واختصر "إحياء علوم الدين" في مجلد سماه "لباب الإحياء" وله "الذخيرة في علم البصيرة" . وطاف البلاد وخدم الصوفية بنفسه. وكان مائلًا إلى الانقطاع والعزلة. أحمد بن علي بن محمد الوكيل (٦) ، المعروف بابن بَرْهان، أبو الفتح الفقيه الشافعي:
(١) ط: أبو الفتح. (٢) ترجمته في المنتظم (٩/ ٢٦٠) وابن الأثير (٨/ ٣٢٣) واللباب (الغزالي)، ووفيات الأعيان (١/ ٩٧ - ٩٨) والعبر (٤/ ٤٥ - ٤٦) والوافي (٧/ ٦٢) ومرآة الجنان (٣/ ٢٢٤). (٣) في (د): "التأني". (٤) المنتظم (٩/ ٢٦٠ - ٢٦١). (٥) وفيات الأعيان (١/ ٩٧). (٦) تقدمت ترجمته في وفيات سنة (٥١٨) بترجمة مختلفة قليلًا بسبب تنوع النقل من المورد، فقد نقلها هناك من المنتظم ونقلها هنا من وفيات الأعيان (١/ ٩٩)، وترجمة الذهبي في وفيات سنة (٥١٨) من تاريخ الإسلام (١١/ ٢٨٥) نقلًا من تاريخ ابن النجار (بشار).

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