Au mois de Rabiʿ al-Awwal, le roi Husâm ad-Dîn Tamurtâsh ben Ilghâzî ben Artuq entra dans la ville(1) d’Alep. Il en prit possession après l’avoir reprise des mains de Balak ben Bahram ben Artuq, lequel avait assiégé la citadelle de Manbij, mais fut atteint d’une flèche à la gorge et mourut. Tamurtâsh nomma un remplaçant à Alep, puis retourna à Mardin, qui lui fut ensuite enlevée par Aqsunqur al-Bursuqî, lequel l’adjoignit à la ville de Mossoul.
Cette même année, le calife envoya le juge (qâdî) Abû Saʿd al-Harawî pour demander la main de la fille du sultan Sanjar. Le calife entreprit aussi la construction d’une demeure sur la rive du Tigre à l’intention de la future épouse, et l’édifice octogonal (al-muthammanah) fut achevé cette année-là. C’est également cette année que Jamâl ad-Dawla Iqbâl al-Mustarshidî conduisit le pèlerinage.
Parmi les notables décédés au cours de cette année se trouve Aḥmad ben ʿAlî ben Barhân(2), Abû al-Fatḥ, surnommé Ibn al-Ḥammâmî. Il étudia auprès d’Abû al-Wafâʾ ben ʿAqîl et excella dans le rite de l’imam Aḥmad ben Ḥanbal(3). Par la suite, ses condisciples lui reprochèrent certaines choses, ce qui le poussa à adopter l’école juridique shâfiʿite(4). Il étudia alors auprès d’al-Ghazâlî et d’ash-Shâshî, se distingua brillamment, exerça des responsabilités et témoigna devant le juge az-Zaynabî(5). Il enseigna à la madrasa an-Niẓâmiyya durant un mois. Il mourut en Jumâdâ al-Ûlâ et fut inhumé à Bâb Abriz.
Autre disparu illustre, ʿAbd Allâh ben Muḥammad ben ʿAlî ben Muḥammad, Abû Jaʿfar ad-Dâmaghânî(6)(7). Il étudia le hadith, témoigna devant son père et remplaça son frère dans le quartier du Karkh, puis abandonna toutes ces fonctions. Il exerça ensuite la garde de la porte an-Nûbî, fut démis puis rétabli. C’était un homme de caractère affable, et il mourut en Jumâdâ al-Ûlâ de cette même année(8).
Quant à Aḥmad ben Muḥammad ben Aḥmad ben Ibrâhîm, Abû al-Faḍl al-Maydânî(9), auteur du célèbre « Kitâb al-Amthâl », nul ne l’égala dans ce domaine, et il composa également de beaux poèmes. Ibn Khallikân rapporte qu’il s’éteignit le mercredi 25 Ramaḍân de cette année-là.