En cette année, le calife décida de procéder à la circoncision de ses fils et de ceux de son frère, au nombre de douze garçons. Bagdad fut alors ornée pendant sept jours d’embellissements d’une splendeur inégalée, et la population exhiba des bijoux, des parures et des vêtements tels qu’on n’en avait jamais vus (1).
Au mois de Sha‘bân de cette même année, As‘ad al-Mîhanî arriva pour enseigner à la Nizâmiyya de Bagdad, tout en en prenant la direction, remplaçant ainsi al-Bâqerhî (2). Des dissensions (3) éclatèrent alors entre lui et certains spécialistes du fiqh, car il renvoya plusieurs d’entre eux et se contenta de quatre-vingts étudiants, ce que beaucoup ne purent supporter.
La même année, le sultan Mahmoud se rendit dans les contrées des Kurj, où un conflit opposa ceux-ci aux Qifjâq ; il les combattit et les vainquit, Dieu soit loué. Il revint ensuite à Hamadhân, vainqueur et renforcé.
Par ailleurs, Tughtikîn, seigneur de Damas, s’empara de la ville de Hama après la mort de son souverain, Mahmoud ibn Qaraja, [qui avait été un tyran et un oppresseur]. Cette année-là également, le naqîb (chef) des ‘alawites fut relevé de ses fonctions, et la demeure de ‘Alî ibn Aflah (4) fut démolie, car tous deux servaient d’informateurs auprès de Dubays (5). La fonction de naqîb des ‘alawites fut alors confiée à ‘Alî ibn Tarâd al-Zaynabî, qui se vit également attribuer la naqâba des ‘abbassides.
Parmi les notables décédés cette année-là figure Ahmad ibn Muhammad ibn ‘Alî ibn Yahyâ ibn Sadaqa al-Taghlibî, plus connu sous le nom d’Ibn al-Khayyât (6), poète damascène et scribe accompli. On lui attribue un dîwân (7) célèbre. L’historien Ibn ‘Asâkir (8) rapporta que sa contribution clôt le registre des poètes de Damas. Il fut un poète chevronné, talentueux, prolifique, et mémorisait les poèmes et récits des anciens.