Et Sa Parole : « Et il y avait, parmi les djinns, ceux qui exécutaient des travaux devant lui par la permission de son Seigneur. Et quiconque parmi eux s’écarterait de Notre ordre, Nous lui ferions goûter au châtiment de la Fournaise » signifie que Dieu lui soumit des djinns ouvriers, qui exécutaient pour lui ce qu’il voulait sans faiblir et sans se soustraire à son autorité. Celui d’entre eux qui se rebellait contre l’ordre était châtié et puni sévèrement.
« Ils exécutaient pour lui ce qu’il désirait : des sanctuaires (maḥārīb) », c’est-à-dire des constructions élégantes et des lieux d’honneur destinés aux assemblées, « et des statues », c’est-à-dire des représentations sur les murs. Cela était permis dans leur Loi et n’était pas interdit à leur époque. « Et de vastes bassines (jifān) semblables à des auges (jawāb). »
Ibn ‘Abbās a déclaré : « La jifna est comme une fosse creusée dans le sol. » Selon un autre propos de lui : « (Elle est) comme des bassins » (1). Mujāhid, Al-Hasan, Qatāda, Ad-Daḥḥāk et d’autres ont tenu le même propos (2). Selon ce récit, « al-jawāb » est le pluriel de « jābiya », c’est-à-dire le bassin où l’on recueille l’eau, comme l’a dit Al-A‘shā dans ses vers :
(du mètre at-ṭawīl)
« Une grande jifna fait étape chez les gens d’Al-Muḥallaq,
Comme un bassin qui recueille subitement l’eau irakienne… » (3)
Quant aux marmites solidement ancrées (al-qudūr ar-rāsi-yāt), ‘Ikrima a dit : « Leurs supports en font partie », c’est-à-dire qu’elles étaient fixes et ne bougeaient pas de leur place. Mujāhid et plusieurs autres ont exprimé la même idée (4).
Comme tout cela était lié à l’idée de nourrir autrui et de faire le bien aux créatures, qu’il s’agisse d’humains ou de djinns, Dieu a dit : « Œuvrez, ô famille de Dāwūd, pour Me témoigner votre gratitude ; et il est peu de Mes serviteurs qui Me rendent grâce. »
Et Il a dit encore : « Et (Il soumit) les démons : tous bâtisseurs et plongeurs (37), et d’autres encore, enchaînés par des entraves. » Autrement dit, Il en avait soumis certains à la construction, et d’autres à la plongée dans l’eau afin ‘d’en extraire les perles, les joyaux et autres trésors introuvables ailleurs.
Sa Parole : « Et d’autres encore, enchaînés dans des fers » (al-aṣfād), signifie qu’ils avaient désobéi et furent donc ligotés deux par deux dans des entraves, c’est-à-dire des chaînes. Tout cela faisait partie de ce que Dieu prépara et soumit à Salomon, pour parfaire cette royauté incomparable qui ne serait donnée à nul autre après lui, et qu’aucun de ceux qui l’avaient précédé ne posséda.
Al-Bukhārī (5) rapporte : « Mohammed ibn Baššār nous a dit : Mohammed ibn Ja‘far nous a dit : Šu‘ba nous a dit, d’après Mohammed ibn Ziyād, d’après Abū Hurayra, que le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Un ‘ifrīt (démon) d’entre les djinns m’est apparu hier soir pour couper ma prière. Dieu me l’a soumis, je l’ai attrapé et j’ai voulu l’attacher à l’une des colonnes de la mosquée pour que vous le voyiez tous. Mais je me suis souvenu de l’invocation de mon frère Salomon : ‘Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi une royauté dont personne après moi ne pourra jouir.’ Alors je l’ai relâché, humilié.” »