Une semaine avant cela (1), la grande mosquée d’Ispahan fut également incendiée. C’était une vaste mosquée, renfermant des boiseries dont la valeur atteignait un million de dinars (2). Parmi ce qui y brûla, on dénombra cinq cents exemplaires du Coran (3), dont un manuscrit tracé de la main d’Ubayy ibn Kaʿb – qu’Allah l’agrée. « Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous retournons (4). »
Au mois de Shaʿbân, le calife al-Mustarshid billah siégea à la demeure du califat, dans toute la splendeur du califat. Il portait la burda sur ses épaules et tenait le sceptre devant lui. Vinrent alors les deux frères rois (5), Mahmûd et Masʿûd, qui se tinrent devant lui et baisèrent le sol (6). Il revêtit Mahmûd de sept robes d’honneur, d’un collier, de deux bracelets et d’une couronne, puis on l’installa sur un siège. Le calife l’exhorta et lui récita la parole du Très-Haut :
« Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra (7), et quiconque fait le poids d’un atome de mal le verra. » [Az-Zalzalah : 7-8]
Il lui ordonna de bien traiter ses administrés, lui remit l’étendard sous ses yeux (7) et l’investit du pouvoir royal. Mahmûd et son frère partirent alors de sa présence en jouissant d’obéissance et de prestige, accompagnés de l’armée jusqu’à leur résidence dans une majestueuse procession.
Ce fut Naẓar le serviteur qui conduisit les pèlerins pour le ḥajj.
Cette année-là, mourut aussi Ibn al-Qaṭṭâʿ, le linguiste (8) : Abû al-Qâsim ʿAlî ibn Jaʿfar ibn ʿAlî ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ziyâdat Allâh ibn Muḥammad ibn al-Aghlab as-Saʿdî (9), originaire de Sicile puis établi en Égypte, linguiste auteur du Kitâb al-Afʿâl, dans lequel il surpassa Ibn al-Qûṭiyyah. Il laissa de nombreux autres ouvrages. Il était arrivé en Égypte vers l’an 500, lorsque les Francs menaçaient de s’emparer de la Sicile. Les Égyptiens l’honorèrent et le gratifièrent grandement (10). Il était