Il était très fortuné et faisait d’importantes aumônes. Il jouissait d’un grand prestige, d’une dignité et d’une noblesse de caractère reconnues par le calife. Il transmit des hadiths et prêcha. Son propos était agréable, sa parole douce. Il mourut à Ray (cette année) (1), et Dieu est plus savant.
[Puis débuta l’année cinq cent quinze]
Cette année-là :
• Le sultan concéda à l’émir Maḥmūd Ilġāzī la ville de Mayyāfāriqīn, qui demeura aux mains de ses descendants jusqu’à ce que Ṣalāḥ al-Dīn Yūsuf ibn Ayyūb la reprît en l’an quatre-vingts (2).
• Le sultan concéda également (3) à Aq-Sunqur al-Bursuqī la ville de Mossoul, et ordonna (4) de combattre (5) les Francs.
• Cette même année, le roi Ibn Bahram – neveu d’Ilġāzī – assiégea la cité d’ar-Ruhā (Édesse), fit prisonnier son souverain, Josselin (6) le Franc, ainsi qu’un groupe de ses principaux compagnons, et les enferma dans la forteresse de Khartbart.
• Cette année-là, un vent noir s’abattit sur l’Égypte (7) pendant trois jours, causant de lourdes pertes humaines et décimant bêtes de somme et troupeaux.
• Cette année encore, un violent tremblement de terre toucha le Ḥijāz, ébranlant (8) l’angle yéménite [de la Kaʿba] – que Dieu le rende plus illustre –, dont une partie fut détruite, et endommagea en outre une partie de la Mosquée du Prophète (ﷺ) – que mon père et ma mère soient sacrifiés pour lui – (9) à Médine.
• La même année, un homme de lignée ʿalide, qui avait étudié à la madrasah niẓāmiyya en fiqh et dans d’autres disciplines, apparut à la Mecque, promouvant le bien et interdisant le mal. De nombreuses personnes (10) le suivirent, si bien que le gouverneur Ibn Abī Hāshim l’exila (11) à Bahreïn.
• Enfin, la demeure du sultan à Ispahan (12) fut réduite en cendres : il n’en resta ni mobilier, ni literie, ni bijoux, or ou argent, hormis le rubis rouge. « Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournerons. »