Il s’empara des contrées du Maghreb et se livra à des actes que l’on pourrait croire empreints de piété, alors qu’ils n’étaient en réalité que des absurdités émanant de personnes malfaisantes. Il fit périr nombre de gens et ôta la vie à bien des âmes (1).
Parmi ceux qui décédèrent cette année-là – je veux dire l’an quatre cent quatorze et cinq cents (2) – figurent, parmi les notables :
• Aḥmad ibn ʿAbd al-Wahhāb ibn as-Sībi (3), Abū al-Barakāt : Il transmettait le ḥadīth et enseignait aux enfants du calife al-Mustaẓhir. Lorsque la fonction califale revint à al-Mustaṛshid, celui-ci le nomma responsable du Trésor. Il était fortuné, distribuait beaucoup d’aumônes et prenait soin des gens de savoir. Il laissa une importante fortune, estimée à cent mille (5) dinars, dont il légua trente mille (6) dinars à La Mecque et Médine. Il mourut cette année-là, à l’âge de cinquante-six ans et trois mois. Le vizir Abū ʿAlī ibn Ṣadaqa (7), ainsi que les notables (8) de l’État, accomplirent la prière funéraire sur sa dépouille. Il fut inhumé à Bāb Ḥarb.
• ʿAbd ar-Raḥīm ibn ʿAbd al-Karīm ibn Hawāzin, Abū Naṣr al-Qushayrī (9) : Il étudia auprès de son père et de l’Imām des Deux Lieux saints (Imām al-Ḥaramayn). Il transmit le ḥadīth de plusieurs savants. Il fut doué d’intelligence et de perspicacité, d’un esprit vif et audacieux, et d’une langue habile et éloquente (10). Il se rendit à Bagdad, où il prêcha ; à la suite de ses interventions, un conflit éclata entre les ḥanbalites et les shāfiʿites. Le šarīf Abū Jaʿfar ibn Abī Mūsā fut emprisonné à cause de cela, et on ordonna (11) à Ibn al-Qushayrī de quitter Bagdad pour apaiser la discorde. Il retourna alors dans sa ville, et il mourut (12) cette même année.
• ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAlī ibn ʿUmar (13), Abū Ḥāmid ad-Dīnawarī (14) :