À Salomon fut assujetti le vent violent : « il court, sur son ordre, vers la terre que Nous avons bénie, et Nous sommes les Connaisseurs de toute chose (81). Et parmi les démons, certains plongeaient pour lui et exécutaient d’autres tâches encore ; et Nous les surveillions. » (Al-Anbiya, 81-82)
Et Il est dit dans la sourate Sâd : « Nous assujettîmes pour lui le vent qui, sur son ordre, soufflait doucement partout où il voulait (36), ainsi que les démons, tous bâtisseurs et plongeurs (37), et d’autres encore, enchaînés par couples (38). Voilà Notre don : dispense-le ou retiens-le, sans rendre de comptes (39). Et assurément, il aura auprès de Nous un rapprochement et la meilleure destination (40). » (Sâd, 36-40)
Lorsqu’il se sépara des chevaux par désir de l’agrément de Dieu, Dieu les lui remplaça par le vent, bien plus rapide, plus puissant et plus grand, sans aucun effort de sa part. Il soufflait sur son ordre, en douceur, « où qu’il voulût », c’est-à-dire dans n’importe quel pays. Salomon disposait d’un grand tapis fait de bois (1), assez vaste pour contenir tout ce dont il avait besoin : demeures et palais construits, tentes, provisions, chevaux, chameaux, charges diverses, hommes — qu’ils fussent humains ou djinns —, ainsi que divers animaux et oiseaux. Quand il souhaitait voyager, se promener ou combattre un roi ou des ennemis dans quelque contrée de Dieu que ce fût, il chargeait toutes ces choses sur le tapis, ordonnait au vent d’en soulever la base, et une fois le tapis élevé entre ciel et terre, il donnait l’ordre au vent doux (2) de le porter. S’il désirait aller plus vite encore, il enjoignait au vent violent de le transporter avec une plus grande rapidité, jusqu’à le déposer où il voulait. Ainsi, il pouvait, en partant au début du jour de Bayt al-Maqdis (Jérusalem), parvenir à Istakhr — à un mois de distance — où il restait jusqu’à la fin de la journée, puis il repartait en fin d’après-midi pour revenir à Bayt al-Maqdis.
C’est ce que Dieu, Exalté soit-Il, a exprimé en disant : « Et à Salomon (Nous avons assujetti) le vent : son parcours matinal équivalait à un mois de voyage et son parcours vespéral à un mois de voyage ; Nous avons fait couler pour lui la source de cuivre. Et, parmi les djinns, certains œuvraient devant lui, par permission de son Seigneur ; et quiconque d’entre eux se détournait de Notre ordre, Nous lui faisions goûter au châtiment du brasier (12). Ils exécutaient pour lui ce qu’il désirait : sanctuaires, statues, bassines semblables à de grands réservoirs et marmites inamovibles. “Œuvrez, ô famille de David, par gratitude”, mais rares sont parmi Mes serviteurs ceux qui Me sont reconnaissants. » (Saba, 12-13)
Al-Hasan al-Basri a expliqué : « Il partait le matin de Damas, arrivait à Istakhr pour y prendre son repas de midi, puis repartait en fin de journée pour coucher à Kaboul. Or la distance entre Damas et Istakhr est celle d’un mois de voyage, et pareillement d’Istakhr à Kaboul. » (3)
Quant à moi (l’auteur), je remarque que ceux qui ont écrit à propos de l’urbanisme et des cités rapportent que les djinns bâtirent Istakhr pour Salomon, et qu’elle avait autrefois abrité le siège du pouvoir du royaume des Turcs. Cela vaut aussi pour d’autres contrées, comme Tadmor, Bayt al-Maqdis, Bab Jiroun et Bab al-Barid (4) à Damas, selon l’une des opinions.
Pour ce qui est du « qitr » (5), Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima, Qatâda et bien d’autres ont dit qu’il s’agissait de cuivre. Qatâda précisa qu’il se trouvait au Yémen et que Dieu en avait fait jaillir la source pour Salomon. As-Suddî indiqua que, durant trois jours seulement, Salomon avait pu y puiser tout le cuivre dont il avait besoin pour ses constructions et autres usages.