Il s’excusa auprès d’eux [de ce qu’il avait fait] (1). Toutefois, ils ne l’acceptèrent pas. Le sultan dépêcha alors contre lui (2) une armée qui l’assiégea et le tint sous pression durant près d’une année, [tandis qu’il se trouvait dans ses terres fortifiées, inaccessibles à l’armée en ces lieux] (3).
En cette même année, eut lieu la grande bataille entre les Kurj (les Géorgiens) et les musulmans près de Tbilissi, [et aux côtés des Kurj se trouvaient les mécréants du Qafjâq (4), qui tuèrent un grand nombre de musulmans, s’emparèrent de biens considérables et firent environ quatre mille prisonniers. Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons] (5). Les Kurj mirent ces régions à sac, commirent des atrocités, assiégèrent Tbilissi pendant une période, puis la prirent de force, après avoir brûlé le juge et l’orateur (khatîb) lorsque ceux-ci vinrent (6) depuis la ville pour demander la sécurité. Ils massacrèrent la plupart de ses habitants, réduisirent en captivité les femmes et les enfants, et s’emparèrent de l’ensemble des biens. Il n’est de force ni de puissance qu’en Dieu, le Très-Haut, le Tout-Puissant, le Sage.
Au cours de la même année, Jouskîn (7), le Franc seigneur d’al-Ruhâ, attaqua un groupe d’Arabes et de Turkmènes, en tua plusieurs et s’appropria (8) leurs biens.
Durant cette même période, les ‘ayyarûn (9) de Bagdad se révoltèrent et s’emparèrent des demeures au grand jour comme de nuit. Dieu nous suffit et Il est le meilleur garant.
[En cette année] (10) commença le règne de Muḥammad ibn Tûmart au Maghreb. C’est alors que débuta l’histoire de cet homme : en sa jeunesse, il vint des contrées du Maghreb à Bagdad, où il résida à la madrasa Niẓâmiyya (11), s’adonnant à l’étude et acquérant ainsi une solide connaissance en jurisprudence et en fondements doctrinaux auprès d’al-Ghazâlî et d’autres. Il affichait la dévotion, l’ascèse et la piété, [et pouvait reprocher] (12) à al-Ghazâlî l’élégance de ses vêtements, surtout lorsqu’il