Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il écouta le hadith et approfondit sa compréhension juridique selon la doctrine de l’imam Aḥmad. Il participa à des débats, rendit des avis juridiques, enseigna et rassembla de nombreux ouvrages comme nul ne l’avait fait avant lui. Il exerça également la fonction de juge. Il était connu pour sa bonne conduite, sa belle manière d’agir et la justesse de ses jugements. Il construisit une école à la porte d’Al-Azaj, laquelle est attribuée au shaykh ‘Abd al-Qādir al-Jīlī (1). Ensuite, il fut relevé de sa charge de juge et on lui confisqua d’importantes sommes d’argent, en l’année onze (511). Il mourut au mois de Muḥarram de cette même année et fut enterré aux côtés d’Abū Bakr al-Khallāl, près de la tombe d’Aḥmad.

[Puis débuta l’an quatorze et cinq cents (514)]

Au milieu du mois de Rabī‘ al-Awwal, une grande bataille éclata entre les deux frères, les sultans Maḥmūd et Mas‘ūd, fils de Muḥammad ibn Malikshāh, au col d’Asdabādh. L’armée de Mas‘ūd fut mise en déroute et son vizir, l’ustādh Abū Ismā‘īl (2), fut capturé, ainsi qu’un groupe de ses émirs. Le sultan Maḥmūd ordonna l’exécution du vizir Abū Ismā‘īl, qui fut effectivement mis à mort alors qu’il était âgé de plus de soixante ans et qu’il avait aussi composé des ouvrages (3) sur la chimie. Le sultan envoya alors (4) l’offre de sécurité à son frère Mas‘ūd et le fit venir auprès de lui. Quand ils se retrouvèrent (5), ils s’étreignirent (6), pleurèrent et firent la paix.

Cette même année, Dubays [ibn Ṣadaqa] (7), seigneur de al-Ḥilla, pilla les régions, se rendit lui-même à Bagdad où il dressa sa tente face au Palais califal. Il y révéla la rancœur qu’il nourrissait, rappelant en particulier comment la tête de son père avait été promenée à travers les provinces, et menaça le calife al-Mustarshid. Le calife l’invita à se calmer et lui promit de s’employer à rétablir la paix entre lui et le sultan Maḥmūd. Lorsque le sultan arriva à Bagdad, Dubays sollicita son amân (la protection). Le sultan la lui accorda et le traita comme à son habitude. Cependant, Dubays finit par piller l’armée (8) du sultan. Alors, le sultan Maḥmūd se mit personnellement en campagne contre lui, prenant avec lui mille navires [pour traverser vers al-Ḥilla] (9). [Dubays s’enfuit devant lui et se réfugia auprès d’Īlghāzī, où il séjourna une année, avant de revenir à al-Ḥilla] (10). Puis il adressa un message au calife et au sultan.

(1) Cette école est toujours en activité aujourd'hui, accueillant étudiants et enseignants, et a été rénovée ces dernières années dans le cadre de la restauration du jardin du cheikh Abd al-Qādir. Le quartier de Bab al-Azj est aujourd'hui connu sous le nom de quartier Bab al-Sheikh à Bagdad, que Dieu le libère (Bachār). (2) Il s'agit du poète al-Ṭughrāʾī, dont la biographie sera présentée dans les événements de l'année 515 de ce volume, et les détails dans l’Histoire de l’Islam d’al-Dhahabī (tome 11, pp. 154-155). (3) N'existe pas dans (B). (4) (Ā, B) : exécuta. (5) (Ṭ) : ils se sont rencontrés. (6) (B) : ils se sont rencontrés. (7) N'existe pas dans (Ṭ). (8) (Ṭ) : pont. (9) (Ṭ) : pour y traverser. (10) N'existe pas dans (Ā).
سمع الحديث، وتفقَّه على مذهب الإمام أحمد، وناظر وأفتى، ودرّس وجمع كتبًا كثيرة، لم يُسبق إلى مثلها، وناب في القضاء. وكان حسنَ السيرة، جميل الطريقة، سديد الأقضية. وقد بنى مدرسة بباب الأَزجِ، وهي المنسوبة إلى الشيخ عبد القادر الجيلي (١) ، ثم عُزل عن القضاء وصُودر بأموال جزيلة، وذلك في سنة إحدى عشرة. وكانت وفاته في المحرم من هذه السنة. ودفن إلى جانب أبي بكر الخلّال عند قبر أحمد. [ثم دخلت سنة أربع عشرة وخمسمئة] في المنتصف من ربيع الأول كانت وقعة عظيمة بين الأخوين السلطانين محمود ومسعود ابني محمد بن ملكشاه عند عقبة أَسْدَاباذ. فانهزم عسكر مسعود، وأُسر وزيره الأستاذ أبو إسماعيل (٢) وجماعة من أمرائه. فأمر السلطان محمود بقتل الوزير أبي إسماعيل فقتل وله نيف [وستون سنة، وله تصانيف] (٣) في صناعة الكيمياء. ثم أرسل (٤) إلى أخيه مسعود الأمان، واستقدمه عليه، فلما اجتمعا (٥) اعتنقا (٦) وبكيا واصطلحا. وفيها: نهب دُبَيْس [بن صدقة] (٧) صاحب الحِلَّة البلاد، وركب بنفسه إلى بغداد، ونصب خيمة بإزاء دار الخلافة، وأظهر ما في نفسه من الضغائن، وذكر كيف طيف برأس أبيه في البلاد، وتهدّد المسترشد. فأرسل إليه الخليفة يسكن جأشه، ويعده أن سيصلح بينه وبين السلطان محمود. فلما قدم السلطان بغداد أرسل دبيس يستأمن، فأمّنه، وأجراه على عادته، ثم إنه نهب جيش (٨) السلطان، فركب السلطان محمود بنفسه لقتاله، واستصحب معه ألف سفينة [ليعبر بها إلى الحِلَّة] (٩) . [فهرب دبيس من بين يديه، والتجأ إلى إيلغازي، فأقام عنده سنة، ثم عاد إلى الحِلّة] (١٠) ، وأرسل إلى الخليفة والسلطان
(١) هذه المدرسة قائمة إلى اليوم عامرة بالطلبة والمدرسين، وقد جددت في السنيات الأخيرة ضمن تعمير روضة الشيخ عبد القادر، ومحلة باب الأزج هي المعروفة اليوم بمحلة باب الشيخ من بغداد حررها الله تعالى (بشار). (٢) هو الشاعر الطغرائي، وسترد ترجمته في حوادث سنة ٥١٥ من هذا الجزء، والتفاصيل في تاريخ الإسلام للذهبي (١١/ ١٥٥ - ١٥٤). (٣) ليس في ب. (٤) آ، ب: نفذ. (٥) ط: التقيا. (٦) ب: التقيا. (٧) ليس في ط. (٨) ط: جسر. (٩) ط: ليعبر فيها. (١٠) ليس في آ.

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