Yahyā ibn Tamīm ibn al-Muʿizz ibn Bādīs, maître de l’Ifriqiya, comptait parmi les meilleurs souverains : il était avisé, de bonne conduite, et faisait preuve d’affection envers les pauvres et les savants, auxquels il accordait des subsides. Il vécut cinquante-deux ans et laissa derrière lui trente fils. Après sa mort, son fils ʿAlī assuma le pouvoir. Qu’Allah lui fasse miséricorde, âmîn.
Puis vint l’an 510 (de l’Hégire). Cette année-là, un gigantesque incendie se déclara à Bagdad, détruisant nombre d’habitations, dont la demeure de Nūr al-Hudā al-Zaynabī, le ribāt de Bihrūz ainsi que la bibliothèque de l’école niẓāmiyya. Les livres purent toutefois être sauvés, car les juristes les transportèrent à l’abri.
La même année, le maître de Marāgha fut assassiné dans l’assemblée du sultan Muḥammad, par les Bāṭiniyya. Et, le jour de ʿĀshūrāʾ, une grande discorde éclata entre les chiites (râfiḍa) et les sunnites auprès du mausolée de ʿAlī ibn Mūsā al-Riḍā dans la ville de Ṭūs, causant la mort de nombreuses personnes.
Durant cette même période, le sultan se rendit en Fārs après la mort de son lieutenant, craignant que cette région ne tombât sous la domination du souverain de Kirmān. Le pèlerinage fut conduit par l’émir des armées, Abū al-Ḥasan Naẓar al-Khādim ; ce fut une année prospère et sûre, louange à Dieu.
Parmi les notables décédés au cours de cette année, on compte al-Baghawī, exégète, spécialiste du ḥadīth et juriste. Il est cependant rapporté qu’il mourut en l’an 516 (de l’Hégire), comme il sera mentionné ultérieurement. Dieu sait mieux.