Au cours de cette année, le sultan Muḥammad confia au prince Aq Sunqur al-Bursuqī la ville de Mossoul et ses domaines, et lui ordonna de combattre les Francs. Il les affronta à la fin de l’année et s’empara d’Ar-Rūhā qu’il détruisit, ainsi que Sarūj et Sumaysāṭ, puis il pilla Māridīn et fit prisonnier le fils de son souverain, Iyāz Ilghāzī. Le sultan Muḥammad envoya alors quelqu’un pour le menacer, si bien qu’il s’enfuit auprès de Ṭughtikīn, seigneur de Damas. Tous deux convinrent de se soulever contre le sultan Muḥammad, ce qui provoqua de nombreux combats avec le gouverneur de Ḥomṣ, Qarākhān ibn Qarāja, avant qu’ils ne se réconciliassent.
Au cours de la même année, l’épouse franque du seigneur de Marʿash s’empara du pouvoir après la mort de son mari. Qu’Allah les maudisse tous deux. Cette année-là, l’émir des armées, Abū al-Khayr Yumn, le serviteur, assura la conduite du pèlerinage, et les gens furent satisfaits de leur voyage en sa compagnie.
Puis arriva l’an 509. Cette année-là, le sultan Ghiyāth ad-Dīn Muḥammad, fils de Malikshāh, souverain d’Irak, envoya une imposante armée sous les ordres de l’émir Bursuq, fils de Bursuq, contre Ilghāzī, maître de Māridīn, et contre Ṭughtikīn, seigneur de Damas, afin de les combattre pour leur rébellion face au sultan et l’interruption de la khutba à son nom. Une fois cette affaire résolue, le plan était ensuite de s’en prendre aux Francs. Lorsque l’armée s’approcha des régions de Syrie, le seigneur de Māridīn et le seigneur de Damas prirent la fuite et rejoignirent les Francs. L’émir Bursuq arriva alors à Kafartāb, la conquit de force et fit prisonnières les femmes et les enfants qui s’y trouvaient.
(1) Sa biographie se trouve chez Ibn al-Athir en plusieurs endroits dans le neuvième volume, ainsi que dans "Wafayāt al-Aʿyān" (1/242) et dans "Muʿjam al-Alqāb" (4/3/588).
(2) Dans l’exemplaire A : « wa marra bihā » et dans l’exemplaire T : « harīmuhā ». Les deux sont des erreurs d’écriture, et il a établi la lecture avec un B.
(3) Dans l’exemplaire T : « Burūj », ce qui est une erreur d’écriture. Quant à « Sarūj » avec un « s » ouvert, c’est une ville proche de Ḥarrān dans la région de Dār Moḍar, que mentionne également al-Ḥarīrī dans ses "Maqāmāt". Voir "Muʿjam al-Buldān" (article Sarūj).
(4) Māridīn : une forteresse célèbre sur la chaîne montagneuse de Jazīra, proche de Dunaysir, Dārā et Nusaybīn. Voir "Muʿjam al-Buldān".
(5) « Ma bayna al-Ḥāṣirtayn » (entre les deux barrages) est ajouté en note en marge dans l’exemplaire A.
(6) Le mot est fautif dans l’exemplaire A. Dans l’exemplaire T : « Qarjān ibn Qarāja », et dans le résumé d’Abū al-Fidāʾ (2/227) : « Qīrkhan ibn Qarāja ».
(7) Dans l’exemplaire A : « Ḥarb », ce mot n’apparaît pas dans l’exemplaire B.
(8) Le mot n’apparaît ni dans les deux sources originales ni dans l’exemplaire T, je l’ai ajouté en m’appuyant sur Ibn al-Athir (8/269).
(9) « Marʿash » : une ville dans les marches entre la Syrie et les terres des Romains. Voir "Muʿjam al-Buldān".
(10) Présent uniquement dans l’exemplaire T.
(11) Absent dans l’exemplaire T, mais indispensable.
(12) Exemplaire T : « à Ṣāḥib Dimashq Ṭughtakīn » et « à Aqṣunqur al-Barshaqī » pour combattre contre leur désobéissance envers lui.
(13) Exemplaire A : « ʿalā tamāliyihim ʿalā ʿiṣyān al-sulṭān » (pour leur complot contre la désobéissance au sultan).
(14) Exemplaire T : « ʿumud ».