Puis arriva l’année cinq cent huit (508). Durant cette année, un incendie immense se déclara à Bagdad.
En cette même année (1), une violente secousse tellurique frappa la région d’Al-Jazīra, provoquant l’effondrement de treize tours à ar-Ruhā (3), d’une partie du rempart de Harrān (4), et de nombreuses habitations dans diverses contrées. Environ cent mille personnes périrent, tandis qu’à Balas (5), les tremblements en détruisirent près d’une centaine de maisons et renversèrent la moitié de sa citadelle, l’autre moitié restant intacte. La ville de Sumaysāt (6) fut également engloutie, et un grand nombre d’habitants y périrent sous les décombres. [En vérité, c’est à Dieu que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournons] (7).
La même année, le seigneur d’Alep, Taj ad-Dawla Alp Arslan (9) fils de Ridwān ibn Tutush, fut assassiné par ses serviteurs. Son frère Sulṭān Shāh ibn Ridwān lui succéda.
Également cette année-là, le sultan Sanjar ibn Malikshāh conquit les terres de Ghazna (10). On prononça le sermon en son nom (khutba) dans cette région après de violents combats, et il s’empara de riches trésors sans précédent : cinq couronnes, dont chacune valait un million de dinars, dix-sept trônes en or et en argent, et mille trois cents pièces de joaillerie serties de pierres précieuses. Il séjourna à Ghazna pendant quarante jours, puis désigna Bahrām Shāh, issu de la famille de Sabuktikīn, comme souverain de la ville. Jamais auparavant on n’avait prononcé la khutba à Ghazna pour un sultan seldjoukide avant Sanjar, [car jusque-là, la ville était dirigée par des rois illustres, fervents défenseurs du jihād et de la sunna. Aucun souverain n’osait les affronter ni n’était en mesure de les défier. Ces rois appartenaient à la lignée de Sabuktikīn] (11).