La contemplation du jeune imberbe. Il suivait la doctrine de la permissivité (1).
Puis l’on rapporta ces vers de sa poésie :
[Du mètre al-basît]
« Abandonne le soufisme et l’ascèse dont se sont occupés (2) les membres de certaines personnes ;
et passe par le monastère de Dârata, car on y trouve des moines, qu’ils soient prêtres ou diacres.
Bois un vin vieux de la main d’une mécréante, car elle t’en fait goûter deux ivresses : celle du regard et celle de la coupe.
Puis écoute la résonance des cordes chez un jeune gracile, dont le regard se révèle plus incisif que le diamant.
Il chanta les vers d’un homme connu parmi eux, consignés dans leurs registres :
(Si une brise venant de chez vous ne m’avait pas apaisé,
je serais alors consumé (3) par la chaleur de mes soupirs). »
Puis as-Sam‘ânî déclara : « Il se peut qu’il se soit repenti de tout cela. »
Ibn al-Jawzî dit : « Ce n’est pas satisfaisant de mentionner le grief des imams à son égard, puis de s’en excuser en supposant qu’il se soit repenti (4). »
Ibn al-Jawzî rapporte également que, lorsqu’il agonisait, il se mit à répéter ce vers et déclara (5) :
[Du mètre al-mutaqârib]
« Et vous n’aviez aucune connaissance de la rudesse ;
de qui donc, selon vous, l’avez-vous apprise ? »
Puis il mourut, dans la partie occidentale de Bagdad, [en Rabî‘ al-Awwal] (6) de cette année.
Abû Bakr ash-Shâshî (7), auteur de l’ouvrage intitulé “al-Mustazharî”, Muhammad ibn Ahmad ibn al-Husayn ibn [‘Umar, Abû Bakr] (8) ash-Shâshî, fut l’un des éminents imams shaféites de son époque. Né en Muharram de l’an 427, il étudia le hadith auprès d’Abû Ya‘lâ ibn al-Farrâ’, d’Abû Bakr al-Khatîb et du shaykh Abû Ishâq ash-Shîrâzî. Il se forma en jurisprudence auprès de ce dernier et d’autres maîtres. Il étudia "ash-Shâmil" auprès de son auteur, Ibn as-Sabbâgh (9), et en réalisa un abrégé dans l’ouvrage qu’il avait composé pour al-Mustazhir Billâh, intitulé “Hilya”.