Mon époque m’a tourné le dos, sans savoir que j’étais plus fort, et que les vicissitudes du temps étaient insignifiantes. Le temps a continué de me montrer l’étendue de son hostilité, tandis que je lui ai montré comment faire preuve de patience.
Muhammad ibn Tâhir (2) ibn ‘Alî ibn Ahmad, Abû al-Fadl al-Maqdisî (3), le hâfiẓ :
Il naquit en l’an 448 de l’Hégire. La première fois qu’il écouta des hadiths remonte à l’an 460. Il voyagea dans de nombreux pays en quête du hadith et en entendit beaucoup. Il possédait une bonne connaissance de cette discipline.
Il rédigea des ouvrages utiles, mais il composa aussi un livre sur la permission d’écouter (as-samâ‘) et sur le taṣawwuf, dans lequel il rapporta des hadiths extrêmement réprouvés, tout en mentionnant également des hadiths authentiques ailleurs.
Plusieurs imams ont loué la qualité de sa mémorisation. Ibn al-Jawzî (7) a évoqué ce livre qu’il appela « Ṣifat at-taṣawwuf » et déclara : « Quiconque le lira s’en moquera. » Il précisa que Muhammad ibn Tâhir suivait l’école d’Abû Dâwûd (da’ûdî), de sorte que ceux qui firent son éloge le firent à cause de sa mémorisation des hadiths, tandis que, pour le reste, il avait plus de raisons d’être critiqué.
Il ajouta qu’Abû Sa‘d as-Sam‘ânî le mentionna et prit sa défense sans preuve, après avoir déclaré : « J’ai interrogé à son sujet notre maître Ismâ‘îl ibn Ahmad aṭ-Ṭalḥî (10), qui parla de lui de façon peu flatteuse et en faisait un mauvais cas. » Il dit encore : « Nous avons entendu Abû al-Faḍl ibn Nâṣir (13) affirmer : “On ne peut pas se baser sur l’autorité de Muhammad ibn Tâhir. Il a écrit un traité sur la permission de…” »