Parmi les notables décédés cette année, on compte tout d’abord Ismāʿīl, fils du ḥāfiẓ Abū Bakr Aḥmad (1) ibn al-Ḥusayn al-Bayhaqī (2). Il avait entendu de nombreux ḥadīths et voyagea à travers différentes contrées. Il dispensa également un enseignement dans la ville de Khwārazm. C’était un homme vertueux, faisant partie des spécialistes du ḥadīth et réputé pour sa conduite irréprochable. Son décès survint dans la localité de Bayhaq au cours de cette même année.
Vient ensuite Shujāʿ ibn Abī Shujāʿ Fāris ibn al-Ḥusayn ibn Fāris, Abū Ghālib al-Ḏuhalī, le ḥāfiẓ (3). Il avait transmis de nombreux ḥadīths (4) et possédait un grand savoir en la matière. Il entreprit de compléter le « Tārīkh » d’al-Khaṭīb, puis y renonça. C’était un homme qui multipliait la demande de pardon et la repentance, car il avait recopié la poésie d’Ibn al-Ḥajjāj pas moins de sept fois. Il mourut cette année-là à l’âge de soixante-dix-sept ans.
On peut également citer Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Isḥāq ibn al-Ḥusayn ibn Manṣūr ibn Muʿāwiya ibn Muḥammad ibn ʿUthmān ibn ʿUtba ibn ʿAnbasa ibn Muʿāwiya ibn Abī Sufyān Ṣakhr ibn Ḥarb al-Umawī, Abū al-Muẓaffar ibn Abī al-ʿAbbās al-Abīwardī (5), le poète. Il était savant en langue et en généalogies, et il avait entendu beaucoup de ḥadīths. Il rédigea notamment « Tārīkh Abīward », « Ansāb al-ʿArab » et un ouvrage sur les termes homonymes et leurs divergences (al-muʾtalif wa-l-mukhtalif), parmi d’autres travaux. On lui reprochait son orgueil et sa fierté excessive, au point qu’il invoquait ainsi dans sa prière : « Ô Dieu, accorde-moi la souveraineté sur les contrées de l’Orient et de l’Occident. » Un jour, il écrivit au calife en se présentant comme « al-khādim al-maʿāwī » (« le serviteur issu de la lignée de Muʿāwiya »), mais le calife ratura la lettre « m » pour ne laisser subsister que « al-ʿāwī » (« celui qui hurle »). De lui, on cite également ce vers (8), de la métrique al-ṭawīl.