• En cette année : le frère(1) du calife décéda ; on supprima le tambour plusieurs jours, et le vizir s’installa à la porte d’Al-Firdaws afin de recevoir les condoléances. Telle est la vie : un prêt que l’on rend(2), une félicité suivie de condoléances, et des condoléances adoucies par la félicité.
• Au mois de Ramaḍān, le vizir Aḥmad ibn an-Niẓām(3) fut démis de ses fonctions, sa durée au poste de vizir ayant été de quatre ans et onze mois(4).
• Au cours de cette même année, les Francs assiégèrent la ville de Ṣūr (Tyr), qui était alors aux mains des Égyptiens, sous la direction d’al-Aʿazz ibn Jahḍam(5). Il leur opposa une résistance farouche et la défendit vaillamment jusqu’à épuiser ses flèches et son matériel. Le seigneur de Damas, Ṭughtekin, le soutint en lui envoyant(6) des renforts et de l’équipement, si bien que les Francs levèrent le siège au mois de Shawwāl de la même année.
• L’émir des armées, Naẓar(7) le serviteur, conduisit les fidèles au pèlerinage. Cette année fut en outre marquée par l’abondance.
[Parmi les notables qui s’éteignirent cette année, on compte]
Abū Ḥāmid al-Ghazālī(8) : il s’agit de Muḥammad ibn Muḥammad ibn Muḥammad, plus connu sous le nom d’Abū Ḥāmid al-Ghazālī. Né en l’an 450 de l’Hégire, il étudia auprès de l’Imām al-Ḥaramayn(9) et excella dans de nombreuses disciplines. Il laissa des ouvrages diffusés dans divers domaines et figura parmi les personnes les plus brillantes de son temps, dans tout ce qu’il abordait. Il jouit d’un rang élevé dès sa jeunesse, au point d’enseigner à la Niẓāmiyya de Bagdad en l’an 484 de l’Hégire, alors qu’il était âgé de trente-quatre ans seulement. Les principaux savants [de cette époque](10) assistèrent à ses leçons, et parmi ceux qui se présentèrent devant lui :