Ali ibn Muhammad ibn Ali, Imad ed-Din, surnommé Abou al-Hassan at-Tabari, également connu sous le nom d’al-Kiyâ al-Harrâsî, était l’un des grands juristes et l’une des principales figures de l’école chaféite. Né en l’an 450 de l’Hégire, il étudia auprès de l’imam al-Harameïn (3) aux côtés de l’imam al-Ghazâlî, et tous deux furent les plus remarquables de ses disciples. Chacun d’eux fut amené à enseigner à la Nizâmiyya de Bagdad.
Abou al-Hassan était éloquent et doté d’une voix puissante et agréable. À la Nizâmiyya de Nichapur, il répétait son cours sept fois à chaque marche des escaliers, et l’on dénombrait soixante-dix marches au total. Il écouta de nombreux hadiths, discuta (en séance de controverse), donna des fatwas et enseigna, figurant parmi les plus éminents savants et les maîtres éminents du fiqh.
Il composa, entre autres ouvrages, un livre en un volume pour réfuter certains points sur lesquels l’imam Ahmad ibn Hanbal s’était singularisé. Il fut un temps accusé de complicité avec les Bâtinites, si bien que sa fonction d’enseignement lui fut retirée, mais un groupe de savants, dont Ibn ‘Aqîl, témoignèrent de son innocence et il fut rétabli dans sa charge.
Il mourut au début du mois de Muharram de cette année-là, à l’âge de cinquante-quatre ans, et il fut inhumé à côté du cheikh Abou Ishâq ach-Chîrâzî – qu’Allah leur fasse miséricorde. Le cadi Ibn Khallikân (8) rapporte qu’il connaissait par cœur de nombreux hadiths et débattait en s’y appuyant. On lui attribue ces propos : « Lorsque les cavaliers du hadith galopent sur les champs de bataille, les têtes des arguments analogiques s’envolent au gré des vents. »
As-Silafî (9) rapporte que, consulté à propos des copistes de hadith pour savoir s’ils étaient inclus dans le testament fait aux fuqahâ’, il répondit affirmativement, en se basant sur la parole du Prophète (ﷺ) : « Quiconque préserve pour ma communauté quarante hadiths, Dieu le ressuscitera comme juriste érudit. » (10)