Alors débuta l’année cinq cent trois.
Dans cette année : les Francs — qu’Allah les maudisse — prirent la ville de Tripoli, massacrèrent les hommes qui s’y trouvaient, firent prisonnières les femmes et les enfants, et s’emparèrent des biens et des richesses. Puis, dix nuits plus tard, ils conquirent la ville de Jbeil. (Il n’est de puissance ni de force qu’en Dieu, le Très-Haut et le Sublime.)
Fakhr al-Mulk ibn ‘Ammâr s’enfuit alors et rejoignit le seigneur de Damas, Tughtekin, qui l’honora et lui attribua de vastes terres.
Au cours de cette même année, certains parmi les Bâtinis attaquèrent le vizir Abû Nasr Ahmad ibn Nizâm al-Mulk. Ils le blessèrent, et l’assaillant fut arrêté, forcé de boire du vin afin de l’amener à confesser. Il dénonça un groupe de Bâtinis qui furent capturés et exécutés.
La caravane du pèlerinage fut conduite par l’émir Qimâz.
Parmi les notables décédés cette année-là, on compte Ahmad ibn ‘Alî ibn Ahmad, Abû Bakr al-‘Ulbî. Il travaillait au plâtrage des murs, ne peignait aucune image, et ne recevait rien de personne. Il possédait quelques biens qu’il revendait pour subvenir à ses besoins. Il avait entendu des hadiths auprès du cadi Abû Ya‘lâ et avait acquis auprès de lui quelques notions de jurisprudence. Lorsqu’il accomplissait le pèlerinage, il visitait les tombes à La Mecque. Une fois arrivé à la tombe du cheikh al-Fudayl ibn ‘Iyâd, il traçait d’un coup de bâton une ligne à côté et disait :