Il était originaire du Ṭabaristān et figurait parmi les éminents imams shafi‘ites. Né en l’an 415 de l’Hégire, il voyagea à travers de nombreux pays, atteignant même les contrées situées au-delà du fleuve (Mā Warāʼ al-Nahr). Il acquit d’immenses connaissances, entendit de nombreux ḥadiths et composa des ouvrages au sein de l’école juridique (madhhab). Parmi ses œuvres figure « al-Baḥr » concernant les branches (furūʿ), un livre volumineux et exhaustif, contenant également des points rares. Comme le dit le proverbe : « Parle de la mer, il n’y a pas de gêne » (1). Il avait coutume de dire : « Si les livres de l’imam al-Shāfiʿī étaient réduits en cendres, je pourrais les dicter de mémoire. » Il fut assassiné injustement un vendredi (2), le jour de ʿĀshūrāʾ, dans la mosquée de Āmul, au Ṭabaristān.
Ibn Khallikān (3) déclara : « Il étudia le fiqh auprès de Nāṣir al-Marwazī et recueillit ses enseignements. Al-Rūyānī bénéficiait d’un grand prestige et jouissait d’un profond respect dans ces régions. Niẓām al-Mulk lui portait une grande estime. » Il composa des ouvrages en uṣūl al-fiqh (fondements du droit) et en furūʿ (ramifications), parmi lesquels « Baḥr al-Madhhab », « Manāṣīṣ (4) de l’imam al-Shāfiʿī », « al-Kāfī » et « Ḥilyat al-muʾmin » (5). Il écrivit aussi dans le domaine du khilāf (droit comparé). Qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Quant à Yaḥyā ibn ʿAlī (6) ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Basṭām al-Shaybānī al-Tabrīzī, Abū Zakariyyā, il était l’un des maîtres de la langue et de la grammaire (7). Il étudia auprès d’Abū l-ʿAlāʾ al-Maʿarrī et d’autres, et un grand nombre d’élèves s’instruisirent sous sa direction, parmi lesquels Abū Manṣūr ibn al-Jawālīqī. Ibn Nāṣir rapporta : « Il était digne de confiance dans ses transmissions et possédait de nombreuses œuvres. » Ibn Khayrūn déclara : « Sa méthode n’était pas jugée satisfaisante. » Il mourut au mois de Jumādā al-Ākhira et fut inhumé aux côtés du shaykh Abū Isḥāq al-Shīrāzī (8) à Bāb Abraza (9). Et Dieu sait mieux (ce qu’il en est).