Il marcha contre les Francs ; le sultan Ghiyath ad-Dîn Muhammad l’honora alors, lui remit des vêtements d’apparat et dépêcha auprès de lui de nombreuses troupes pour combattre les Francs (1).
Parmi les notables décédés cette année-là, on compte Tamîm ibn al-Muʿizz ibn Bâdis (2), souverain d’Ifrîqiya. C’était l’un des meilleurs rois en termes de vertus morales, de générosité et de bienfaisance. Il régna pendant quarante-six ans, vécut jusqu’à soixante-dix-neuf ans et laissa plus de cent fils et soixante filles. Son fils Yahyâ lui succéda. L’un des plus beaux éloges adressés à l’émir Tamîm est celui du poète (3) :
(4) « Le plus véridique et le plus élevé de ce que nous ayons entendu sur la munificence
Remonte aux récits transmis depuis les temps les plus anciens ;
Ce sont des propos que véhiculent les torrents au sujet de la pluie,
Du large océan, et de la main de l’émir Tamîm. »
Sadaqa (5) ibn Mansûr ibn Dubays ibn Mazyad al-Asadî, émir Sayf ad-Dawla, maître de al-Hilla, Tikrît, Wâsit et d’autres régions, mourut également. Il était généreux, chaste, loyal et protecteur de toute personne en quête de refuge, chacun pouvant y séjourner en sécurité. Il savait lire (6) les ouvrages correctement voyellés mais ne savait pas bien écrire. Il possédait un grand nombre de livres précieux. Jamais il ne se mariait à plusieurs femmes ni ne prenait de concubines, par fidélité envers leurs droits et pour ne briser le cœur de quiconque.
Il fut loué pour de nombreuses et très belles qualités. Il trouva la mort lors d’un combat (7), tué par un serviteur nommé Bazaghsh (8). Alors âgé de cinquante-neuf ans (9), il avait exercé l’émirat pendant vingt et un ans. Qu’Allah lui fasse miséricorde.