Puis débuta l’année cinq cent un (501). Cette année-là, le calife renouvela l’octroi de la robe d’honneur à son nouveau vizir, Abou al-Maʿâlî, Hibat (1) Allah ibn Muhammad ibn al-Muṭṭalib, qu’il honora et exalta.
Au mois de Rabîʿ al-Âkhir de cette même année, le sultan Muhammad fit son entrée à Bagdad ; le vizir et les notables vinrent à sa rencontre. Il se montra bienveillant envers ses habitants et nul ne subit le moindre préjudice de la part de son armée.
• Le sultan (2) Ghayâth ad-Dîn Muhammad (3) ibn le sultan se mit en colère contre Ṣadaqa ibn Manṣûr al-Asadî, gouverneur de al-Ḥilla et de Tikrît, car celui-ci avait donné refuge (4) à l’un de ses ennemis, appelé Abou Dulf Sarʾkhâb ad-Daylamî (5), seigneur de Sâwa. Le sultan envoya demander qu’on le lui livre, mais Ṣadaqa refusa. Il dépêcha alors des troupes contre lui, lesquelles mirent en déroute son armée, pourtant forte de vingt mille cavaliers et de trente mille fantassins. Ṣadaqa trouva la mort au cours de la bataille ; plusieurs chefs de ses partisans furent faits prisonniers, et l’on s’empara chez son épouse de cinq cent mille dinars ainsi que de joyaux précieux.
Ibn al-Jawzî déclara : « Cette année-là, apparut une jeune fille aveugle qui perçait à jour les secrets des gens. Les gens recoururent à toutes sortes de stratagèmes pour découvrir son état, mais ils n’y parvinrent pas. » Ibn ʿAqîl (7) expliqua : « Son affaire laissa perplexes savants, élites et gens du commun. Elle répondait à des questions sur la gravure des bagues, la couleur des pierres, l’apparence des personnes et ce qui se trouvait à l’intérieur des pions, faits de cire, d’argile, de grains variés ou de perles. L’un d’eux poussa même l’expérience plus loin en posant sa main sur son membre, et on demanda : “Qu’a-t-il en main ?” Elle répondit : “Il le rapporte à sa famille et à sa maisonnée.” (8) »
• Cette même année, le cadi Fakhr al-Mulk Abou ʿAlî ibn ʿAmmâr (9), gouverneur de Tripoli, arriva à Bagdad pour inciter les musulmans à se mobiliser.