Il (Salomon) se rendait auprès d’elle une fois par mois, y séjournait trois jours, puis repartait sur le tapis. Il ordonna aux djinns de lui bâtir trois palais au Yémen : Ghamdân, Sâliḥîn et Baytûn. Et Dieu sait mieux.
Ibn Isḥâq rapporte, d’après certains savants et selon Wahb ibn Munabbih, que Salomon ne l’aurait pas épousée ; au contraire, il l’aurait mariée au roi de Hamdân tout en la maintenant à la tête du royaume du Yémen. Il aurait alors mis à son service Zawbaʿa, le roi des djinns du Yémen, afin qu’il construise pour elle les trois palais susmentionnés. La première version est la plus célèbre et la plus reconnue. Et Dieu sait mieux.
Dieu, exalté soit-Il, a dit dans la sourate Ṣād :
« Et Nous avons fait don à David de Salomon – quel excellent serviteur ! Il revenait constamment (vers Nous). (30) Quand, le soir, on lui présenta des chevaux de grande valeur (31), il dit : “J’ai préféré ces biens au rappel de mon Seigneur, jusqu’à ce qu’ils se fussent dissimulés derrière le voile [du coucher du soleil].” (32) “Ramenez-les-moi !” Alors, il se mit à leur frotter les pattes et les cous. (33) Nous avons certes éprouvé Salomon en plaçant sur son trône [l’image d’] un corps ; puis il se repentit. (34) Il dit : “Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume tel que nul, après moi, ne pourra plus l’avoir ; Tu es vraiment le Grand Donateur.” (35) Nous lui assujettîmes alors le vent qui, sur son ordre, soufflait modérément partout où il le voulait. (36) Et [Nous lui soumîmes] aussi les diables, bâtisseurs et plongeurs (37), et d’autres encore, enchaînés dans les entraves. (38) “Voilà Notre don ! Fais-en largesse ou retiens-le, sans qu’on ne te demande de compte.” (39) Et il aura, auprès de Nous, une proximité [spirituelle] et un beau retour. (40) » [Ṣād : 30-40].
Il y est rappelé qu’Il accorda Salomon à David, puis Dieu – exalté soit-Il – fit l’éloge de Salomon en disant : « Quel excellent serviteur ! Il est sans cesse repentant. » Autrement dit, il revenait régulièrement [vers Dieu], obéissant à Lui.
Ensuite, Dieu évoque ce qui advint au sujet des chevaux « ṣâfinât » ; ces derniers se tiennent sur trois pattes en ne posant au sol que l’extrémité du sabot de la quatrième. Quant à « al-jiyâd », ce sont des chevaux bien entraînés et rapides(1).
Salomon dit ensuite : « “J’ai aimé ces biens plus que le rappel de mon Seigneur, jusqu’à ce qu’ils se fussent dissimulés derrière le voile.” (v.32) », c’est-à-dire le soleil, selon l’interprétation la plus répandue. Certains ont toutefois considéré que cela s’appliquait aux chevaux, comme nous l’exposerons plus loin.
« Ramenez-les-moi ! » Et il se mit alors à « les essuyer (masḥan) sur leurs pattes et leurs cous ». Selon une opinion, il s’agit de leur avoir frappé les jarrets et les cous avec l’épée. D’autres estiment au contraire qu’il essuya leur sueur après les avoir fait courir et concourir devant lui.
La majorité des premiers savants (salaf) soutiennent qu’il s’était absorbé dans la présentation de ses chevaux au point que l’heure de la prière de l’ʿAṣr était passée et que le soleil s’était couché. C’est ce qui est rapporté d’Ali ibn Abî Tâlib(2) et d’autres.
On sait néanmoins de façon certaine qu’il ne délaissa pas délibérément la prière sans raison valable. À moins que l’on déclare qu’il était permis, selon la Loi révélée à leur époque, de retarder la prière pour des motifs liés au jihâd, dont faisait partie l’inspection des chevaux.
Un groupe de savants a même avancé que le fait que le Prophète ﷺ ait lui-même retardé la prière d’al-ʿAṣr le jour du Fossé était autorisé à cette époque, jusqu’à ce que la prière de la peur (ṣalât al-khawf) vienne abroger cette pratique. C’est l’avis d’al-Imâm ash-Shâfiʿî et d’autres.
(1) « Ṣâfinât » : chevaux se tenant sur trois pattes et la quatrième à peine posée. « Jiyâd » : chevaux rapides et excellents.
(2) Qu’Allah l’agrée.