Au cours de cette même année, le pèlerinage fut dirigé par un émir turkmène, nommé Alîran, dépêché par le sultan Muḥammad b. Malikshāh.
Parmi les personnalités éminentes décédées durant cette année figurent :
Aḥmad b. Muḥammad b. al-Muẓaffar (1), Abū al-Muẓaffar al-Khawāfī, juriste šāfiʿite. Ibn Khallikān rapporte qu’il était l’esprit le plus pénétrant de son époque ; il étudia auprès de l’Imâm al-Ḥaramayn et devint le plus illustre de ses disciples. Il exerça la fonction de qāḍī à Ṭūs et dans ses environs, et se rendit célèbre, parmi les savants, par l’excellence de ses débats et l’art de réduire ses contradicteurs au silence. Il précise encore que l’appellation « al-Khawāfī », avec khāʾ et wāw ouvertes, renvoie à Khawāf, district relevant de Nīsābūr. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Jaʿfar b. Aḥmad b. al-Ḥusayn b. Aḥmad as-Sarrāj (2), Abū Muḥammad, le lecteur (originaire de Bagdad). Né en 416 H (3), il récita le Coran selon les différentes lectures et recueillit de nombreux ḥadiths prophétiques auprès de cheikhs et de cheikhas dans divers pays. L’imam al-Ḥāfiẓ Abū Bakr al-Khaṭīb publia plusieurs fascicules tirés de ses auditions. Il possédait une chaîne de transmission sûre, un esprit vif ; homme de lettres et poète, il mit en vers le Kitāb al-Mubtadaʾ (4), le Kitāb at-Tanbīh (5), l’ouvrage d’al-Khirāqī (6) et d’autres encore. Il composa également « Maṣāriʿ al-ʿUššāq » ainsi que divers écrits. Grand ḥāfiẓ, il surpassait ses pairs parmi les jeunes savants de son temps. L’imam as-Silafī reçut de lui des narrations et se glorifiait de l’avoir rencontré. De sa poésie, citons ces vers :
Dis aux ignorants qui, dans leur dérision,
Se plaisent à flétrir l’encrier et la transcription,
Sans l’encrier, le calame, les feuillets et le cahier,
Nulle part ne serait inscrite la Loi, fût-ce sur un cahier,
Ceux qui gardent la Sharīʿa de l’Élu du Créateur
Repoussent les hordes de l’erreur ; Allah est du lésé le Protecteur.