Puis débuta l’an cinq-cents de l’Hégire prophétique.
Abû Dâwûd rapporte dans ses « Sunan » : « Mûsâ b. Sahl nous a transmis » (1) — Hajjâj b. Ibrâhîm nous transmit, Ibn Wahb nous transmit, Muʿâwiya b. Ṣâliḥ me transmit d’ʿAbd ar-Raḥmân b. Jubayr, de son père, d’Abû Thaʿlaba al-Khushanî, lequel a dit : Le Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — a dit :
« Jamais Allah ne laissera cette communauté en défaut durant une demi-journée. »
ʿAmr b. ʿUthmân nous transmit (2) — Abû al-Mughîra nous transmit, Safwân me transmit de Shurayḥ b. ʿUbayd, de Saʿd b. Abî Waqqâṣ, que le Prophète — ﷺ — a dit (3) :
« J’espère que ma communauté ne sera pas trouvée incapable auprès de son Seigneur et qu’Il la retardera d’une demi-journée. »
On demanda alors à Saʿd : « Combien représente une demi-journée ? » Il répondit : « Cinq-cents ans. » (4)
Cela compte parmi les signes éclatants de la prophétie. La mention de cette durée n’exclut pas qu’elle puisse être prolongée, comme l’a montré la réalité ; en effet, le Prophète ﷺ a énuméré certains des signes de l’Heure qui doivent immanquablement survenir exactement tels qu’il les a annoncés, et ils apparaîtront après notre époque. Qu’Allah accorde la réussite ; nous implorons Son assistance, et il n’est de puissance ni de force qu’en Allah.
Parmi les événements survenus pendant cette année : le sultan Muḥammad b. Malik-Shâh assiégea de nombreuses forteresses appartenant aux Bâṭiniyya. Il en conquit un grand nombre, tua d’innombrables adversaires, extermina des masses considérables. Il s’empara, entre autres, d’une citadelle inexpugnable qu’avait fait bâtir son père près d’Iṣfahân, au sommet d’une montagne escarpée. La raison de cette construction fut la suivante : un jour, lors d’une partie de chasse, un chien s’échappa ; le sultan le poursuivit jusqu’au sommet de la montagne et le retrouva. Un émissaire byzantin qui l’accompagnait lui dit : « Si cette montagne se trouvait dans notre pays, nous y construirions une forteresse. » Cette parole incita aussitôt le sultan à édifier une citadelle à son sommet. (5)
Il dépensa pour cette construction un million deux-cent-mille dinars. Plus tard, un homme des Bâṭiniyya, nommé Aḥmad b. ʿAbd Allâh b. ʿAṭâsh (6), s’en empara, ce qui causa bien des tourments aux musulmans. Le sultan Muḥammad l’assiégea pendant une année entière avant de la reprendre. Il fit écorcher cet homme, bourra sa peau de paille, lui trancha la tête et la fit promener dans les provinces, puis démantela la forteresse pierre après pierre. L’épouse de cet homme se jeta du haut de la citadelle et succomba, et les joyaux qu’elle possédait périrent avec elle