« Et cela ne lui rapporta nul avantage… à son ami ; qu’il n’eût jamais existé, qui qu’il fût ! »
[Puis débuta l’an quatre cent quatre-vingt-dix-neuf de l’Hégire]
Au mois de Muḥarram de cette année, un homme se prétendit Prophète dans la région de Nahâwand. Il donna à quatre de ses compagnons les noms des quatre califes : Abû Bakr, ʿUmar, ʿUthmân et ʿAlî. Une foule d’ignorants, la plèbe inculte, adhéra à son égarement ; ils vendirent leurs biens et lui en remirent le prix. Il se montrait généreux : quiconque l’abordait recevait de lui tout ce qu’il possédait. Puis il fut tué dans cette contrée – qu’Allâh le maudisse. Là même, un descendant d’Alp Arslân aspira à la royauté ; son entreprise tourna court et l’on se saisit de lui en moins de deux mois.
On disait alors :
« L’un a revendiqué la Prophétie, l’autre la Royauté ; jamais on ne vit royaume disparaître plus promptement que le leur. »(1)
[En Rajab de cette année, le Tigre connut une crue immense ; une large part des récoltes fut détruite et nombre de maisons furent submergées à Bagdad.](2)
La même année, Tughtakîn, atabeg des armées à Damas, écrasa les Francs ; [il revint à Damas, assisté et victorieux, et la ville fut magnifiquement parée pour célébrer sa victoire sur les Francs.](3)
Au mois de Ramaḍân, le roi Riḍwân b. Tutush, seigneur d’Alep, assiégea la ville de Naṣībīn.
Cette année-là encore, un roi des Mulaththamîn arriva à Bagdad, accompagné d’un homme nommé « al-Faqîh ». Celui-ci prêcha aux gens dans la mosquée du palais, le visage voilé, puis il repartit pour l’Égypte. Ce roi mena de nombreuses batailles contre les Francs et tomba martyr dans l’une d’elles.
Le convoi du Ḥajj depuis l’Irak fut conduit par un parent de Sayf al-Dawla Ṣadqa.
[Parmi les notables décédés au cours de l’année] :
Sahl b. Aḥmad b. ʿAlî al-Arġiyânî(4), Abû al-Fatḥ al-Ḥâkim. Il recueillit le ḥadith auprès d’al-Bayhaqî et d’autres, adopta la méthodologie du qâḍî Ḥusayn – qui l’en loua – et il avait