Puis débuta l’année quatre-cent-quatre-vingt-dix-huit de l’Hégire.
Au cours de celle-ci :
Le sultan Barkiyâruq mourut et transmit le pouvoir à son jeune fils Malik Shâh, âgé de quatre ans et demi ; la khuṭba fut prononcée en son nom à Bagdad et on lui conféra le titre de Jalâl ad-Dawla, tandis que l’on répandait, à l’évocation de son nom, dinars et dirhams (1).
On lui assigna pour atâbeg l’émir Iyyâz. Par la suite, le sultan Muḥammad b. Malik Shâh arriva à Bagdad ; les dignitaires de l’État sortirent à sa rencontre et conclurent la paix avec lui. Celui qui procéda à la prise de la bayʿa lors de cette conciliation fut al-Kiyâ al-Harrâsî, professeur de la Niẓâmiyya. La khuṭba fut prononcée pour Muḥammad sur la rive occidentale et pour son neveu sur la rive orientale. Peu après, l’émir Iyyâz fut assassiné. [Ibn Jahîr poursuivit le cortège ; il revêtit le sultan Muḥammad des robes d’honneur, se dirigea vers la demeure de son vizir Saʿd al-Mulk et lui fit parvenir, depuis le palais du calife, le dast, l’encrier et les insignes de distinction] (2).
[Le vizir Saʿd al-Mulk (3) assista ensuite, auprès d’al-Kiyâ al-Harrâsî, à la leçon de la Madrasa Niẓâmiyya afin d’encourager les gens à la recherche du savoir. Le huitième jour de Rajab de la même année, on supprima le vêtement distinctif imposé aux gens de la dhimma depuis l’an 484 de l’Hégire, sans que l’on en connût la raison] (4).
Cette année-là encore, de nombreuses batailles opposèrent les Égyptiens aux Francs ; les Égyptiens tuèrent un grand nombre de Francs, [puis les Francs prirent le dessus sur eux et leur infligèrent, à leur tour, de lourdes pertes] (5).
Parmi les notables décédés durant cette année :
– le sultan Barkiyâruq (6), fils de Malik Shâh, Rukn ad-Dîn (7) le Seldjouqide. [De longues péripéties et de terribles guerres se déroulèrent à son sujet] (8) ; la khuṭba fut prononcée pour lui à Bagdad à six reprises, et il en fut déposé tout autant.