[On rapporte qu’il fut frappé d’]une extrême indigence durant le mois de Ramaḍān. Il se décida alors à se rendre chez l’un de ses compagnons pour lui emprunter quelque bien. Il dit :
« Tandis que je me dirigeais vers lui, voilà qu’un oiseau se posa sur mon épaule et prononça : “Ô Abû al-Maʿâlî ! Je suis tel roi. Ne te rends pas chez lui ; c’est nous qui te pourvoirons.” » [Il ajouta : « Dès l’aube, cet homme vint effectivement à moi… »]
(1) Ibn al-Jawzî a relaté ce récit dans son Muntaẓam [par plusieurs transmissions]. Abû al-Maʿâlî décéda cette année-là et fut inhumé près de la tombe d’Aḥmad.
La Dame, fille du calife al-Qâʾim bi-amri llâh, épouse de Ṭughrul-bak (2), mourut également cette année et fut enterrée à al-Ruṣâfa. Elle se distinguait par l’abondance de ses aumônes et son esprit de préférence pour autrui ; [le vizir siégea pour recevoir les condoléances dans la Maison de la Nûba] (3).
Puis commença l’an 497 de l’Hégire.
Cette année-là, les Francs – qu’Allâh les maudisse – marchèrent contre le Šâm. Les musulmans les affrontèrent et tuèrent douze mille d’entre eux ; Allâh refoula les mécréants, remplis de dépit, sans qu’ils obtiennent le moindre avantage. Au cours de cette bataille, Bardawîl, seigneur d’al-Ruḥâ (Édesse), fut capturé.
Au même moment, le minaret de Wâsiṭ s’effondra. Il comptait parmi les plus belles tours, et les habitants de la ville s’enorgueillissaient, tout comme du dôme d’al-Ḥajjâj. Lorsqu’il tomba, on entendit dans la cité des pleurs et des lamentations sans précédent ; pourtant, nul ne périt sous ses décombres. Sa construction remontait à 304 H, sous le califat d’al-Muqtadir.
Durant cette même année, la paix conclue entre les deux sultans frères, Muḥammad et Barkiyârûq, fut consolidée ; ils se partagèrent les territoires. La khuṭba de Bagdad cessa de mentionner Muḥammad et demeura au nom du roi Barkiyârûq, auquel – ainsi qu’à l’émir Iyâz – on envoya les robes d’honneur.
Cette année encore, les Francs s’emparèrent de la ville de ʿAkkâ (Acre) et d’autres cités du littoral. [Durant la même période] (6), l’émir Sayf al-Dawla Ṣadaqa b. Manṣûr, seigneur d’al-Ḥiqa, prit possession de Wâsiṭ.
La même année, le roi Duqâq b. Tutush, maître de Damas, mourut. Son mamlûk Ṭughtikîn plaça à sa place un jeune fils du défunt, obtint pour lui le serment d’allégeance, devint son atabeg et administra le royaume de Damas pendant un temps.
Cette année-là enfin, le sultan Sanjar révoqua son vizir Abû al-Fatḥ al-Ṭughrâʾî et l’exila à Ghazna.