— la peur, la faim, la diminution des biens, des vies et des fruits. Puis le sultan Muḥammad quitta Iṣfahân dans la fuite ; son frère dépêcha à ses trousses son mamlouk Iyâz, mais celui-ci ne put l’appréhender et Muḥammad se sauva sain et sauf.
[Ibn al-Jawzî rapporte (1) : Au mois de Ṣafar de cette année, on ajouta aux titres honorifiques du qâḍî al-quḍât Abû al-Ḥasan b. al-Dâmaghânî celui de « Tâj al-Islâm »] (2).
En Rabîʿ al-Awwal, la khuṭba de Bagdad fut amputée de toute mention des sultans : on se borna [à citer le calife] et à invoquer pour lui. [Par la suite, les deux frères Barkiyârûq et Muḥammad se rencontrèrent ; Muḥammad fut de nouveau défait, puis ils conclurent la paix] (3).
Au cours de la même année, le roi Duqâq b. Tutush b. Malikshâh, seigneur de Damas, s’empara de la ville d’al-Raḥba.
Cette année encore, Abû al-Muẓaffar al-Khujandî (4), prédicateur de Rayy, fut tué. Il comptait parmi les grands savants du madhhab shâfiʿite ; traditionniste, jurisconsulte et professeur. Un Râfiḍî ʿalawite le tua lors des troubles. [C’était un érudit vertueux] (5) que Niẓâm al-Mulk visitait et honorait.
La conduite du pèlerinage fut assumée par Khumārtakîn.
[Parmi les notables décédés cette année-là] : Aḥmad b. ʿAlî [b. ʿUbayd Allâh] b. Siwâr (6), Abû Ṭâhir al-Muqriʾ, auteur d’ouvrages dans la science des lectures coraniques. Il était digne de confiance, solide et sûr, versé dans cette discipline ; il avait dépassé les quatre-vingts ans, qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Abû al-Maʿâlî (7) était l’un des pieux ascètes, doté de karâmât et de dévoilements spirituels. Multipliant les actes d’adoration, il vivait détaché de ce bas-monde : été comme hiver il ne portait qu’une seule tunique, et lorsque le froid devenait intense il posait sur ses épaules un simple pagne. Il est rapporté qu’il fut atteint