Au mois de Rajab, le qâḍî Abû al-Ḥasan b. al-Dâmaghânî admit la déposition d’Abû al-Ḥusayn et d’Abû Ḥâzim, les deux fils du qâḍî Abû Yaʿlâ b. al-Farrâʼ.
Au cours de la même année, ʿÎsâ b. ʿAbd Allâh al-Ghaznawî [al-Qûnawî] arriva ; il exhorta la population. Il était shâfiʿite et ashʿarite, et il s’ensuivit à Bagdad une sédition entre les hanbalites et les ashʿarites.
Cette année encore, un incendie dévastateur frappa Bagdad, et la conduite du pèlerinage fut assurée par Ḥumayd al-ʿUmrî, compagnon de Sayf al-Dawla Ṣadaqa b. Manṣûr b. Dubays, seigneur de al-Ḥilla.
Parmi les notables décédés durant cette année : Abû al-Qâsim, souverain d’Égypte (1), surnommé al-Mustaʿlî. Il mourut en Dhû al-Ḥijja ; son fils Abû ʿAlî, âgé de neuf ans (2), lui succéda sous le titre d’al-Āmir bi-Aḥkâm Allâh.
Muḥammad b. Hibat Allâh (3), Abû Naṣr al-Ḍarîr, [al-qâḍî al-Bandanîjî], jurisconsulte shâfiʿite, reçut l’enseignement du shaykh Abû Isḥâq al-Shîrâzî, puis demeura à La Mecque plus de quarante ans à dispenser des fatwas, enseigner et transmettre le ḥadith ; il fut l’une des perles rares de son époque. De ses vers :
Je me perds quand mes désirs te réclament, ô ma vie, (4)
Et mes frères, mes amis fidèles, sont déjà partis, ô ma vie. (5)
Je conclus un pacte avec mon Seigneur, que je brise sans retour,
Et dès que la passion se dresse, je renonce à mon effort, sans retour.
Mes provisions sont maigres ; j’ignore si elles suffiront pour le chemin, (6)
Dois-je pleurer mon pauvre viatique ou la longueur du chemin ?
Puis entra l’année 496 H. Cette année-là, le sultan Barkiyârûq assiégea son frère Muḥammad à Iṣfahân ; les vivres se raréfièrent pour les habitants, la cherté devint extrême, et le sultan Muḥammad procéda à des confiscations tandis que le blocus se resserrait autour de la ville, si bien que se conjuguèrent contre eux toutes ces tribulations