et y constitua une dotation de livres. Il fit en outre construire une madrasa à Bagdad, près de Bâb al-Tâq, édifia la coupole au-dessus de la tombe d’Abû Ḥanîfa, bâtit des ribât dans les zones désertiques et accomplit beaucoup d’œuvres pies. Il comptait parmi les gens dont la nourriture et la boisson étaient les plus savoureuses, l’habit le plus élégant et les biens les plus abondants. Puis il abandonna toute charge administrative, se consacra à l’adoration et à son perfectionnement personnel jusqu’à sa mort. Qu’Allah, le Très-Haut, lui fasse miséricorde.
Muḥammad b. Manṣûr al-Qushayrî (1), connu sous le nom de ʿAmîd Khurâsân. Il arriva à Bagdad sous le règne de Ṭughrul-Beg et transmit (le ḥadith) d’Abû Ḥafṣ ʿUmar b. Aḥmad b. Masrûr. Ardemment porté vers le bien, il dota à Marw une madrasa pour Abû Bakr b. Abî al-Muẓaffar al-Samʿânî et sa descendance – [dit Ibn al-Jawzî] : « Ils l’administrent encore à ce jour » – ; il bâtit également à Naysâbûr une madrasa où se trouve son tombeau. Il mourut au mois de Shawwâl de cette même année. – qu'Allah lui fasse miséricorde –
Naṣr b. Aḥmad b. ʿAbd Allâh b. al-Baṭir (2), Abû al-Khaṭṭâb [al-Khaṭâbî], marchand d’étoffes, récitateur. Né en 398 H, il entendit un grand nombre de traditions, fut l’unique transmetteur de Ibn Zirqûyah et d’autres, jouit d’une longue vie ; des gens vinrent vers lui de contrées lointaines. Qu’Allah, le Très-Haut, lui fasse miséricorde : sa transmission était sûre.
[Puis commença l’année 495 H.] Le troisième jour de Muḥarram, Abû al-Ḥasan ʿAlî b. Muḥammad, connu sous le nom d’al-Kiyâ al-Harrâsî, fut arrêté et démis de l’enseignement à la Niẓâmiyya, car certains l’avaient accusé auprès du sultan d’appartenir aux Bâṭinites. Un groupe de savants, parmi lesquels Ibn ʿAqîl, témoigna de son innocence, et un message de la Dâr al-Khilâfa [parvint le mardi] ordonnant sa libération.
[Le mardi 11 Muḥarram] (3) le calife al-Mustẓahir billâh siégea au Dâr al-Khilâfa ; les deux princes, frères, Muḥammad et Sanjar, fils du sultan Malik Shâh, se présentèrent, baisèrent le sol et reçurent les insignes royaux : pour Muḥammad, une épée, un collier, un bracelet, une bannière et des chevaux de la propre écurie du calife ; pour Sanjar, un équipement moindre. Le calife investit le sultan Muḥammad du pouvoir, le mandatant pour tout ce qui touchait aux affaires du califat, à l’exception de ce que le calife conservait derrière les portes de son palais (4).
Le sultan Muḥammad sortit ensuite [le 19 du mois]. La rumeur courut de l’arrivée de Barkiyârûq. Des arrangements furent conclus ; le sultan Muḥammad monta à cheval, la rencontre eut lieu, maintes batailles s’ensuivirent. Muḥammad fut défait et subit une grande adversité, comme on l’exposera plus loin.