Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

une poignée d’hommes. L’émir Dâdh, mentionné plus haut, fut capturé au cours de ce même engagement et mis à mort par l’émir Buzghush, l’un des commandants de Sanjar. L’état de Barkiyârûq s’en trouva encore aggravé ; ses troupes se dispersèrent et, le quatorzième de Rajab, son nom fut supprimé de la khuṭba à Bagdad, celle du sultan Muḥammad y étant rétablie.

Au mois de Ramaḍân, on arrêta le vizir ʿAmîd ad-Dawla ibn Jahîr, ainsi que ses deux frères : le chef des notables Abû l-Qâsim et Abû l-Barakât, surnommé al-Kâfî. De grandes richesses leur furent confisquées. ʿAmîd ad-Dawla fut emprisonné dans le Dâr al-Khilâfa, où il mourut au mois de Shawwâl de la même année.

La nuit du vingt-sept de ce même mois, l’émir Balkâbak Sarmiz, shihna d’Ispahan, fut assassiné : un Bâṭinî le frappa d’un poignard au flanc. Il se prémunissait d’ordinaire contre eux et portait une cotte de mailles sous ses vêtements, sauf cette nuit-là (1). Plusieurs de ses enfants moururent également cette nuit-là ; au matin, cinq cercueils sortirent de sa demeure.

Durant cette année, le roi des Francs s’avança avec trois cent mille combattants. Il se heurta à Kumushtakîn, surnommé al-Danishmand Tâylû, atabeg des armées à Damas (2) — que l’on appelle Amîn ad-Dawla, fondateur du waqf de l’Amîniyya (3) à Damas et à Buṣrâ, non à Baʿlabakk. Il mit les Francs en déroute et en massacra un grand nombre : seuls trois mille échappèrent, la plupart blessés. Cela se produisit en Dhû l-Qaʿda de cette année. Il les poursuivit jusqu’à Mélitène, s’en empara et fit prisonnier son souverain — louange à Allah.

Le pèlerinage fut conduit par l’émir Tūntâsh le Turc, adepte de l’école shaféite.

Parmi les notables décédés cette année figure ʿAbd ar-Razzâq al-Ṣûfî al-Ghaznawî (4), shaykh du ribâṭ dʿAttâb. Il accomplit le ḥajj à plusieurs reprises dans le plus complet dépouillement et mourut, âgé d’environ cent ans, sans laisser même un linceul. Alors qu’il agonisait, son épouse lui dit : « Aujourd’hui tu vas être couvert de honte. » — « Pourquoi ? » demanda-t-il. — « Parce que tu n’as pas de linceul. » Il répondit : « Si j’avais laissé un linceul, c’est alors que j’aurais été couvert de honte. » Qu’Allah Très-Haut lui fasse miséricorde.

Tout l’inverse fut Abû l-Ḥasan al-Bastâmî, shaykh du ribâṭ Ibn al-Muḥlabân : il ne portait, hiver comme été, que de la laine et affichait ostensiblement le renoncement. À sa mort, on découvrit pourtant quatre mille dinars enfouis. Les gens s’étonnèrent du contraste entre leurs deux états alors même qu’ils décédèrent la même année. Qu’Allah fasse miséricorde au premier et pardonne au second.

(1) Addition provenant des manuscrits (B) et (T). (2) Dans le manuscrit (T) : « Anassmanda ». (3) Addition provenant des manuscrits (B) et (T). (4) Al-Muntaẓim (9/116), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (10/302).
شرذمة قليلة] وأسر [الأمير] داذ المذكور في هذه الوقعة فقتله الأمير بزغش، أحد أمراء سنجر فتقهقر حاله، وتفرّقت عنه رجاله، وقطعت خطبته من بغداد في [رابع عشر من] رجب وأعيدت خطبة السلطان محمد. وفي رمضان قبض على الوزير عميد الدولة بن جَهير، وعلى أخويه: زعيم الرؤساء أبي القاسم، وأبي البركات الملقّب بالكافي، وأخذت منه أموال كثيرة، وحُبس بدار الخلافة حتى مات في شوال من هذه السنة، وفي اللّيلة السابعة والعشرين منه قتل [الأمير بلكابك سرمز] شحنة أصبهان، ضربه باطني بسكين في خاصرته [وقد كان يتحرّز منهم كثيرًا، وكان يدَّرع تحت ثيابه سوى هذه اللّيلة] (١) ومات من أولاده في هذه اللّيلة جماعة، فخرج من داره خمس جنائز من صبيحتها. وفي هذه السنة أقبل ملك الفرنج في ثلاثمئة ألف مقاتل فالتقى مع كمشتكين الملقَّب بالدانشمنذ (٢) طايلو، أتابك الجيوش بدمشق [الذي يقال له أمين الدولة، وواقف الأمينيّة] (٣) بدمشق وببصرى، لا التي ببعلبَكَّ، فهزم الأفرنج وقتل منهم خلفًا كثيرًا، بحيث لم ينج منهم سوى ثلاثة آلاف وأكثرهم جرحى، وذلك في ذي القعدة من هذه السنة، ولحقهم إلى ملطية، فملكها، وأسر ملكها [ولله الحمد] . وحجّ بالناس الأمير التونتاش التركي، وكان شافعيّ المذهب. [وممن توفي فيها من الأعيان] عبد الرزاق الصّوفي الغَزْنوي (٤) . شيخ رباط عَتّاب، حجّ مرات على التجريد، ومات في هذه السنة وله نحو مئة سنة، ولم يترك كفنًا، وقد قالت له امرأته وهو في الاحتضار: إنّك ستفضح اليوم [قال: لم؟ قالت له: لأنه] لا يوجد لك كفن، فقال لها: لو تركتُ كفنًا لافتضحت. رحمه الله تعالى، وعكسه أبو الحسن البسطامي شيخ رباط ابن المحلبان، كان لا يلبس إِلَّا صوفًا شتاءً وصيفًا، ويظهر الزهد، وحين توفي وجد له أربعة آلاف دينار مدفونة، فتعجب الناس من تفاوت حاليهما، واتفاق موتهما في هذه السنة رحم الله الأول، وسامح الثاني.
(١) زيادة من (ب) و (ط). (٢) في (ط): أنسّمندا. (٣) زيادة من (ب) و (ط). (٤) المنتظم (٩/ ١١٦)، الكامل في التاريخ (١٠/ ٣٠٢).

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