Au cours de cette même année :
– Ce fut le début de l’ascension du sultan Muḥammad, fils de Malikšāh, frère germain du sultan Sanjar ; son autorité se renforça au point que la khuṭba fut prononcée en son nom à Bagdad, durant le mois de Dhû l-Ḥijja de cette année.
– Il se rendit ensuite à Rayy, où il trouva Zubayda Khātûn, mère de son frère Barkiyārūq, et ordonna qu’on l’étranglât ; elle avait alors quarante-deux ans.
– Au mois de Dhû l-Ḥijja de cette année encore, il livra cinq batailles d’une extrême violence contre Barkiyārūq.
– Cette année-là, les prix flambèrent à Bagdad, au point que nombre de gens moururent de faim ; une épidémie sévère les frappa également, si bien que l’on ne parvenait plus à ensevelir les morts tant ils étaient nombreux.
Parmi les personnalités décédées pendant cette année :
Le sultan Ibrâhîm, fils du sultan Masʿûd (1), lui-même fils du sultan Maḥmûd ibn Subuktakîn (2), maître de Ghazna, des confins de l’Inde et d’autres territoires.
Il jouissait d’un prestige entier et d’un faste considérable. Al-Kiyâ al-Harrâsî, que le sultan Barkiyārūq envoya auprès de lui en mission, rapporte dans sa lettre ce qu’il observa de sa cour : son habillement, son audience et les richesses dont il disposait, toutes marques d’une félicité mondaine, disant : « J’ai vu là quelque chose d’étonnant. » Il le sermonna en citant le ḥadîth : « Les serviettes de Saʿd ibn Muʿādh au Paradis sont plus belles que cela » (3), et le sultan se mit à pleurer.
Il rapporta encore que le sultan ne construisait jamais de maison pour lui-même sans avoir, au préalable, édifié une mosquée, une madrasa ou un ribâṭ. Qu’Allah lui fasse miséricorde ! Il mourut en Rajab de la présente année, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, après quarante-deux ans de règne.
ʿAbd al-Bâqî ibn Yûsuf ibn ʿAlî ibn Ṣâliḥ (4), Abû Turâb al-Marâghî (5).