Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils s’emparèrent, tout autour du Rocher, de quarante-deux lampes d’argent, dont chacune pesait trois mille six cents dirhams. Ils prirent encore un fourneau en argent d’un poids de quarante rîtls syriens, ainsi que vingt-trois lampes d’or. Les gens s’enfuirent en tous sens, quittant le Šâm pour l’Irâq, implorant, contre les Francs, l’aide du calife et du sultan ; parmi eux se trouvait le qâḍî de Damas Abû Saʿd al-Harawî. Lorsque les habitants de Bagdad apprirent cette terrible nouvelle, ils furent frappés d’effroi et se mirent à pleurer. Abû Saʿd al-Harawî composa alors un texte qui fut lu au dîwân et sur les chaires, et l’assistance éclata en sanglots. Le calife convoqua les fuqahâʾ afin qu’ils partent exhorter les rois au jihâd ; Ibn ʿAqîl, ainsi que d’autres éminents juristes, parcoururent la population, mais cela ne produisit aucun effet. « Certes, nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. » À ce propos, Abû l-Muẓaffar al-Abîwardî déclama :

Nous avons mêlé le sang (1) aux larmes débordantes,
Plus nul d’entre nous (2) n’offre un front aux pierres lançantes.

La pire des armes est la larme (3) que l’on répand,
Lorsque la guerre s’embrase et que la lame fend.

Debout, fils de l’Islam ! d’âpres combats vous attendent,
Où les cimes rejoignent les sabots que les coursiers brandent.

Comment l’œil dormirait-il, ses paupières assoupies,
Quand des fautes ont tiré du sommeil toutes vies assoupies ?

Vos frères en Syrie n’ont pour gîte que le dos des coursiers,
Ou le ventre des vautours qui leur sert de lit, tels coursiers.

Les Byzantins leur font subir l’humiliation, et vous,
Vous traînez les pans du confort, résignés, ô vous.

Entre l’enlèvement du coup et l’assaut des lances impromptues,
S’annonce une bataille qui blanchira les tempes de têtes impromptues.

Ce sont des guerres ; quiconque se soustrait à leur bras implacable
Sauvera sa vie, puis mordra ses doigts d’un regret implacable.

Les polythéistes ont brandi leurs glaives acérés,
Qui perceront bientôt des reins et des crânes acérés.

De Médine, l’opprimé appelle à grands cris la maison Hâshim,
Et s’écrie encore plus fort : « Secours, ô gens de Hâshim ! »

Je vois ma communauté, sans lances, manquer d’appui,
Alors que la religion chancelle, privée de tout appui.

Ils fuient le feu du combat, par peur du trépas et du blâme,
Sans compter pour honte le coup de fouet que leur inflige le blâme.

Les nobles Arabes (4) accepteraient-ils une telle injure,
Tandis que les preux Persans (5) resteraient muets devant l’injure ?

Hélas ! S’ils n’ont pas défendu la foi par zèle et par ardeur,
Qu’au moins ils protègent leurs foyers avec jalouse ferveur.

Et si la récompense leur semble vaine quand murmure la guerre,
Pourquoi ne viennent-ils pas, désireux (6) du butin promis par la guerre ?

(1) Dans l’édition (T) : Dhamānan. (2) Dans l’édition (B) : Minhā. (3) Dans l’édition (T) : Barīquhu. (4) Dans l’édition (T) : al-Aʿārīb. (5) Dans l’édition (T) : Kamah. (6) Le poème se trouve dans le Dīwān al-Abywardī (2/156).
وأخذوا من حول الصخرة اثنين وأربعين قنديلًا من فضة، زنة كلِّ قنديل ثلاثة آلاف وستمئة [درهم] . [وأخذوا] تنُّورًا من فضة زنته أربعون رِطلًا بالشامي، وثلاثة وعشرين قنديلًا من ذهب، وذهب الناس على وجوههم هاربين من الشام إلى العراق مستغيثين على الفرنج إلى الخليفة والسلطان، ومنهم القاضي بدمشق أبو سعد الهَرَوي، فلما سمع الناس ببغداد هذا الأمر الفظيع هالهم ذلك، وتباكَوا، وقد نظم أبو سعد الهروي كلامًا قرئ في الديوان وعلى المنابر، فجهش الناس بالبكاء، وقد ندب الخليفة الفقهاء إلى الخروج، ليحرِّضوا الملوك على الجهاد، فخرج ابن عقيل وغير واحد من أعيان الفقهاء فساروا في الناس فلم يفد ذلك شيئًا، فإنّا لله وإنّا إليه راجعون، فقال في ذلك أبو المظفَّر الأبِيوَرْدي: مزجنا دماءً (١) بالدُّموع السواجمِ … فلم يَبْقَ منا (٢) عُرضةٌ للمراجِم وشرُّ سلاحِ المرءِ دمعٌ يُفيضه (٣) … إذا الحربُ شبَّتْ نارُها بالصوارِم فإيهًا بَني الإسلامِ إنَّ وراءَكُم … وقائعَ يُلْحِقْنَ الذُّرا بالمناسم وكيفَ تنامُ العينُ ملءَ جفونِها … على هَفَواتٍ أيْقَظَتْ كلَّ نائم وإخوانُكمْ بالشّام يُضْحي مَقيلُهم … ظهورَ المذاكي أو بطونَ القَشاعم تسومُهُمُ الرُّومُ الهوانَ وأنتُمُ … تجرُّونَ ذيلَ الخفضِ فعلَ المُسالِم وبينَ اختلاسِ الضربِ والطعن وقعةٌ … يظلُّ لها الولدانُ شيبَ القَوادم وتلكَ حروبٌ من يَغِبْ عن غِمارِها … ليسلَمَ يقرَعْ بعدها سنَّ نادم سللنَ بأيدي المشركينَ قواضبًا … سَتُغْمَدُ منهمْ في الكِلَى والجماجم يكادُ لهنَّ المستجير بِطَيبةٍ … يُنادي بأعلى الصوتِ يا آل هاشم أرى أُمَّتي لا يُشرِعونَ إلى العِدا … رماحَهُمُ والدينُ واهي الدّعائم ويجتنبونَ النارَ خوفًا من الرَّدى … ولا يحسبونَ العارَ ضربةَ لازمِ أيرضى صَناديدُ الأعارِبِ (٤) بالأذَى … ويُغضي على ذلٍّ حماةُ (٥) الأعاجم فَلَيْتَهُمُ إذْ لم يذودُوا حَميَّةً … عن الدِّينِ ذادوا غيرةً للمحارمِ وإنْ زَهِدوا في الأجر إذ هَمَس الوغى … فهلا أتوهُ رغبةً في المغانم (٦)
(١) في (ط): دمانا. (٢) في (ب): منها. (٣) في (ط): بريقه. (٤) في (ط): الأعاريب. (٥) في (ط): كماة. (٦) القصيدة في ديوان الأبيوردي (٢/ ١٥٦).

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